Fabien Toulmé : « Ce n’est pas toi que j’attendais »

Fabien toulmé

Présentation de l'éditeur : Dans la vie d'un couple, la naissance d'un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. 
Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s'écroule. 
De la colère au rejet, de l'acceptation à l'amour, l'auteur raconte cette découverte de la différence. 
Un témoignage poignant qui mêle avec délicatesse émotion, douceur et humour.

ce n'est pas toi que j'attendais

« Ce n’est pas toi que j’attendais… mais je suis quand même content que tu sois venue. »

Je ne suis pas une aussi grande lectrice de BD que de romans, mais quand un thème, un dessin m’attirent, je sais m’arrêter et faire une petite place dans ma pile de livres à lire qui ne finit jamais de grandir.

Fabien Toulmé publie une BD à la fois très simple dans son dessin, mais très émouvante. Totalement autobiographique, « Ce n’est pas toi que j’attendais » évoque l’arrivée d’un enfant trisomique dans un foyer où l’on s’attend à tout, sauf à ça. Sans concession et avec beaucoup de pudeur, l’auteur expose ses doutes, ses peines et finalement, son bonheur et ses joies. Chaque pas dans l’acceptation et la découverte de sa fille est matérialisée par un chapitre repérable à une couleur dominante qui sert de fond chromatique aux planches de la séquence. J’ai aimé le ton, la douceur des dessins, la volonté de tout dire et de ne rien cacher, ni du désespoir, ni du doute, des quand dira-t-on et des bien pensants qui entourent et étouffent parfois en de telles situations. Profondément humaine et gaie, cette BD vous offrira, un nouvel éclairage sur la trisomie et l’amour paternel.

 Fabien Toulmé, Ce n’est pas toi que j’attendais, Delcourt, Octobre 2014,  243pages, 18.95 euros

Fanny Saintenoy : « Les notes de la mousson »

les notes de la mousson fanny saintenoy

Présentation de l'éditeur : Kanou est un petit prince choyé par tous, il grandit dans la douceur et les couleurs de Pondichéry. Mais sa mère, Galta, rêve de quitter l’Inde qui ne l’a jamais acceptée. Quand elle remonte le fil de son passé, Galta découvre les vestiges d’un secret de famille qui va mettre en péril le monde idyllique de son fils. Seule Angèle, à Paris,  connaît l’histoire douloureuse qui les lie tous les trois, une vérité sombre qui changera leurs destinées.

Fanny Saintenoy est une auteure au coeur et à la plume sensibles. Déjà son premier roman « Juste avant » m’avait séduit pour la justesse de ses personnages, pour l’humanité profonde qui se dégageait de l’ensemble. Plus tard, c’est à quatre auteurs, qu’elle publiera son deuxième roman « Quatre ». Son dernier roman sort aujourd’hui et se déroule entre Pondichéry et Paris, entre soleil, épices, traditions et solitude, petits bonheurs, béton.

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Muriel Barbery : « La vie des elfes »

Muriel Barbery la vie des elfes

Présentation de l'éditeur : Histoire de Maria et Clara, qui rencontrèrent les elfes.

Muriel Barbery porte un nom qui vous dit forcément quelque chose. Souvenez-vous, c’était en 2006, « L’élégance du hérisson » s’imposait dans les meilleures ventes, grâce à sa simplicité et ses personnages touchants : Renée, Paloma et le vieux monsieur japonais. Prix des libraires en 2007, il n’en fallait pas plus pour que l’auteur vende 6 millions d’exemplaires en France. Il a été adapté au cinéma en 2009 par Mona Achache, avec dans le rôle de la concierge, Josiane Balasko.

« Savez-vous ce que c’est qu’un rêve ? Ce n’est pas une chimère engendrée de notre désir mais une autre voie par laquelle nous absorbons la substance du monde et accédons à la même vérité que celle que dévoilent les brumes, en celant le visible et en dévoilant l’invisible. »

« La vie des elfes » est un roman totalement différent de ses deux précédentes publications. Muriel Barbery ouvre ici le monde du sensible, de la magie et donc, des elfes. Tissant de manière croisée, le destin de deux enfants, Maria, la bourguignonne, Clara, l’italienne, elle rend un éloge à la nature qui frissonne, qui se respire.

« Et puis il y avait dans l’air comme une langueur, un soupir paresseux, une quiète certitude que les choses ne finiraient jamais, et si les hommes travaillaient comme à l’accoutumée, sans relâche et sans plainte, ils jouissaient secrètement de cet interminable automne qui leur disait de ne pas oublier d’aimer. »

Deux jeunes filles qui vont tenter de sauver le monde sensible des pierres et de la montagne. L’invisible pour les yeux mais pas pour le coeur. Le roman retrace toute cette longue rencontre entre elles, sous l’oeil bienveillant non seulement des elfes, mais de leurs familles adoptives qui participent à leur éveil aux choses de la nature. Le dialogue entre le profane, le sacré et le magique saura toucher autant le lecteur novice que le lecteur connaisseur et averti sur la question.
L’auteur adopte un style lyrique aux phrases longues et stylisées qui réclame une rupture avec nos habitudes de lecture. Il est essentiel de prendre le temps de s’imprégner de l’ambiance, de se laisser gagner par le tempo, entre l’adagio et le forte , de ce beau roman aux accents de magie.

Muriel Barbery, La Vie des elfes, Gallimard, mars 2015, 304 pages, 19,50 euros