David Foenkinos : « Nos séparations »

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Présentation de l'éditeur: "«Je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Émilie aussi, à Céline bien sûr, et puis d'autres prénoms dans d'autres pénombres, mais c'est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au-dessus de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité.» 
Alice et Fritz s'aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons : la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d'enfance, deux Polonais comme toujours, les cheveux et les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sûr."

Avec « Nos séparations », David Foenkinos aborde la perte d’un amour idéalisé. Fritz et Alice se rencontrent, adulescents dans leur amour, puis mûrs et aguerris par la vie. Derrières des clichés convenus, Alice fille de parents embourgeoisés, et Fritz (pas même allemand comme son nom le suggère), fils de hippies soixante-huitards, la petite musique de l’auteur installe une réalité aux accents de roman d’apprentissage. Peut être un de ses romans où ses personnages vieillissent et évoluent le plus.

« Je n’ai certainement pas fait assez de sport dans ma jeunesse pour supporter ainsi les mouvements irréguliers de mon coeur. Cela fatigue tellement, ce mouvement perpétuel du bonheur au malheur. Avec Alice, j’alternais sans cesse entre les mouvements d’euphorie où je voulais l’emmener en weekend sur la Lune, et les moments de violences intersidérales où je l’aurais enfouie au coeur de la Terre. Je pense qu’elle ressentais exactement la même chose. Habituellement si douce et si chuchotante, elle était capable de crier subitement, de déverser des sons stridents dans mes oreilles amoureuses. Nous étions dans la valse des tonalités. Et je n’étais pas loin de penser que l’amour rend surtout sourd. »

Fritz passe de stagiaire chez Larousse, à correcteur d’articles chez Larousse après un bref épisode de vendeur de cravates en Bretagne. Tout le monde le sait, la Bretagne c’est un havre de paix pour soigner ses blessures de cœur et s’échapper après un mariage annulé sur le parvis des marches de l’église…
C’est finalement Paul son fidèle ami qui viendra le ramener à la vie parisienne.
Hymne à la puissance de l’amour de jeunesse, au paradis perdu des premières fois et des premiers faux pas aussi, « Nos séparations » c’est l’histoire ordinaire d’un couple qui s’aime et se déchire à coup de mots en allemand. Avec une grande dose d’humour mais néanmoins une certaine tenue et distanciation, David Foenkinos par le truchement du point de vue de Fritz parvient à nous faire apprécier ce personnage masculin, finalement pas très brave et couard. Un roman pas sexiste pour un sous, où pour une fois un homme expose un personnage en proie à ses pulsions et ses faiblesses. Serait-ce un hymne à la fidélité féminine?

« Les mots sont souvent mon refuge, jusqu’à l’aube, et parfois les lettres se mélangent à mes rêves aux frontières de la somnolence. »

David Foenkinos, Nos séparations, Gallimard, octobre 2008, 192 pages, 16,50 euros

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