Julie Bonnie : « Mon amour, »

julie bonnie mon amour,

Présentation de l'éditeur : "« Nous ne nous sommes rien dit. Tess a pris toute la place. Puis tu es parti en laissant entre nous un vide silencieux. Tu sais bien faire ça. Ce que tu choisis d’ignorer disparaît. Si on n’en parle pas, ça n’existe pas. Tu dis qu’il ne faut pas se gâcher l’existence. Tu as raison. Nous gardons la tête haute en nous aimant sans parasites.   La trotteuse tremblote, sautille, et continue de tourner en rond. Je suis immobile. Au moindre mouvement, quelque chose va commencer et j’ai l’intuition qu’il vaudrait mieux que tout s’arrête. » Un homme et une femme s’écrivent. Ils s’aiment, elle vient d’accoucher de leur enfant et lui, pianiste, est parti en tournée. Passion amoureuse, fusion maternelle, engagement artistique s’entremêlent et s’entredévorent tandis qu’un autre homme entre en jeu. Au fil des lettres et de l’inéluctable chassé-croisé amoureux, chacun se découvre livré à sa solitude. Julie Bonnie saisit avec une extrême sensibilité une histoire qui s’écrit autant dans les mots posés sur le papier que dans les marges d’échanges impossibles. Un regard bouleversant sur la fugacité des rencontres, la transmission et la force des silences."

Julie Bonnie est une jeune auteure. Son premier roman Chambre 2 a reçu le Prix de la FNAC en 2013. Son deuxième roman, poursuit un peu l’exploration de la maternité mais avec une dimension de couple beaucoup plus affirmé.

 « Je me réveille aussi à côté de Suzanne. Ce n’est pas la première fois ma fée, mais cela… ne regarde que moi. Je fais l’amour à cette jeune femme, qui ne me demander rien, qui me protège. Cela ne m’empêche pas de vous aimer, les filles. »w

Pour ce nouveau roman, elle a choisi la forme épistolaire. Des lettres émouvantes, criantes de sincérité et écrites avant tout pour soi-même car, jamais elles ne sont jamais envoyées à leurs destinataires. Un curieux, mais néanmoins agréable, chassé croisé de lettres donne à entendre toute la complexité des rapports humains et la fragilité de la construction d’un couple malgré l’éloignement et l’arrivée d’une naissance.

« Georges ne fait pas les choses à moitié, Georges ne fait pas la choses. Georges se fait traverser, transparent, sans armes. »

Il est question de la joie de la maternité mais de sa réalité aussi, de ces moments de désespoir et de vide intense en soi, alors que le bébé est là. Une plume féminine, sans circonvolution qui donne envie de tourner les pages car on sent qu’il y a un drame, là, tapis entres les lignes et les mots. Qui est ce Georges, artiste légèrement fou mais tellement fragile?

« Quand je veux j’avance sur scène. Je suis une boule de feu prête à recevoir l’émotion tapie dans le coeur de chaque personne présente. On ne joue pas pour soi, on joue pour les autres, et chaque soir est une histoire différente car chaque salle salle est remplacée d’histoires différentes. Ce que le public ressent, mon piano le ressent. »

Laissez-vous bercer par le jazz et les notes qui s’échappent de ce roman pénétrant. L’absence donne le la, mais sonne aussi tristement les glas des amours illusoires. La jolie pirouette  de fin vous laissera le souffle coupé.  Une histoire de fée, qui n’a rien d’un conte, que l’on n’oublie pas.

« Aucun mot n’atteignait votre forteresse, forcément, vous habitiez une île loin de la terre ferme. Les mots ont besoin d’ordre et de racines, vous aviez fui ailleurs. »

Julie Bonnie, Mon amour, , Grasset, mars 2015, 224 pages, 17,50 euros 

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