Chut un secret avec Harold Cobert

secrets d'écrivains par bénédicte junger

Harold Cobert est un auteur à la plume vive et profonde, parfois grave. Le drame intérieur ou collectif n’est jamais loin mais toujours traité avec pudeur et douceur. Son dernier roman Lignes brisées m’a beaucoup touchée. Il viendra en parler à la médiathèque de la Robertsau mardi 17 novembre 2015, en attendant,  merci à lui d’avoir répondu à ce petit questionnaire!

harold cobert

1. Comment êtes-vous venu à l’écriture? D’où vous en vient l’envie?

Suite à un accident de surf où j’ai failli rester tétraplégique, quand j’avais 20 ans. Je voulais écrire, mais j’étais un peu comme les vaches qui passent leur vie à regarder les trains filer vers des destinations inconnues en se disant : « Un jour je prendrai le train », sauf qu’elles restent toute leur vie dans leur pré. Lorsque j’étais en convalescence, un ami m’a offert une anthologie du jeu d’échecs, que je pratiquais alors beaucoup. Un fait divers rapporté par un témoin de l’époque m’a fasciné, j’en ai fait une nouvelle qui a été primée dans plusieurs concours, et je n’ai plus cessé d’écrire. Ma venue à l’écriture est un accident qui s’est répété.

2. Quel est votre plus beau souvenir d’auteur?

Le soir où Héloïse d’Ormesson m’a fait un texto pour me dire qu’elle aimait le manuscrit de Un hiver avec Baudelaire, dont personne ne voulait. Tatiana de Rosnay, avec qui j’avais sympathisé lors de salons où j’étais allé pour mon premier roman chez Lattès, lui avait passé le texte qu’elle avait beaucoup aimé. Elle a harcelé Héloïse pendant des semaines, j’avais peur qu’elle me déteste avant même de m’avoir lu ! Au bout de six mois, Tatiana a dit à Héloïse, un vendredi, que si elle ne m’avait pas lu pour lundi, elle ferait passer mon texte à d’autres éditeurs. Le dimanche soir, je discutais avec une amie scénariste sur mon téléphone fixe, je lui disais notamment que le texte en question ne serait jamais publié, qu’il était sans doute mauvais, lorsque j’ai reçu un texto d’un numéro inconnu. C’était Héloïse qui m’écrivait que mon roman lui plaisait et qu’elle m’appellerait le lendemain pour en parler avec moi. J’étais tellement heureux et excité que je n’en ai pas dormi de la nuit de peur de manquer son appel.

 3. Que pensez-vous de cette citation de Fernando Pessoa « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas »?

J’inverserais plutôt la proposition. Si vous prenez les Grecs et Shakespeare, tout a été dit, et pourtant on continue d’écrire. J’y vois plutôt la preuve que, vu la complexité et la richesse de l’existence, la littérature ne suffit pas pour exprimer la vie.

4. Quel livre aimez-vous offrir?

Cela dépend des moments, de mes propres lectures. Lorsque j’ai lu un livre qui m’a enthousiasmé, j’aime l’offrir comme on offre un bouquet de fleurs ou une bonne bouteille de vin.

 5. Quels sont vos projets littéraires?

Je travaille actuellement sur un « roman monstre » pour la rentrée littéraire d’août-septembre 2016, qui sera publié par la nouvelle éditrice en charge de la littérature française chez Plon, Lisa Liautaud. Mais je ne peux pas vous en dire plus…

6. Y a-t-il une question que je ne vous ai pas posé à laquelle vous auriez aimé répondre? Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

Pourquoi avez-vous attendu autant de temps pour m’inviter à Strasbourg ? ;-)

7. J’allais oublier… avez-vous un secret à nous confier?

Chut !

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3 commentaires sur « Chut un secret avec Harold Cobert »

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