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Bientôt un nouveau rendez-vous hebdo : la citation de la semaine!

La citation de la semaine

Dominique Ané : « Regarder l’océan »

 

regarder l'océan

Présentation de l'éditeur : "En quelques textes qui se répondent et s’éclairent, 
Dominique Ané dresse le portrait d’un jeune homme inquiet qui lui ressemble. Livre 
des premières fois et des découvertes fondatrices, il dit toutes les rencontres, avec
 la musique, les amis, les filles, et rend compte des chagrins, des colères, et de la 
peur devant l’existence. La détermination à devenir musicien est l’endroit où 
converge tout le récit, là où il puise le courage. Des expériences de groupes aux 
tournées et nuits d’hôtel, le chanteur se construit dans sa relation singulière aux 
mots et à la voix, celle qu’il redonne à l’enfant et à l’adolescent qu’il a été. 
Une voix d’une force vibrante qui traverse tout le livre."

Dominique Ané est auteur, compositeur et interprète. Il sort conjointement un album « Eléor » et un livre de forme courte compilant plusieurs textes sur tout ce qui l’a construit, ému et interpellé.

Ce recueil évoque la vie et ses turpitudes, des souvenirs d’événements fondateurs pour l’homme et l’artiste. De l’évanescence des sentiments, à leur disparition, l’auteur entraîne son lecteur dans l’intime et l’universel. Une mise à nu des doutes d’un homme d’hier et d’aujourd’hui.

« La vie me fait peur, mais il faut bien vivre. Un regret, si fort soit-il, n’y suffit pas. J’apprends à me faire aimer, et à aimer moi-même. Cela m’occupe. Mon obsession a perdu de son autorité : j’en viens parfois à douter de la fiabilité de mon souvenir. Je m’en veux alors un peu. »

J’ai aimé la forme courte, les thématiques abordées, la délicatesse et la poésie de l’écriture contrastant par moment avec le cinglant de quelques phrases bien choisies.
Laissez-vous prendre par la main…

« J’arrive chez elle en fin de matinée, nous ne nous sommes pas vu depuis plusieurs jours. Je ne sais plus où nous en sommes, si je suis encore son amant. Je suis prêt à tout accepter. Même à admettre  que notre relation n’est qu’une construction mentale, calquée sur une vision surannée de l’amour, comme elle se plaît à le répéter. »

Dominique Ané, Regarder l’océan, Stock, avril 2015, 96 pages, 12.50 euros

Chut c’est un secret avec Valérie Tong Cuong

secrets d'écrivains par bénédicte junger

Valérie Tong Cuong est une auteure qui a travaillé 8 ans dans la communication avant de tout lâcher pour se consacrer à l’écriture (romans, nouvelles, scénarios). Elle publie en 1997 « Big » qui sera primé au festival du premier roman de Chambéry. Remarquée par la critique, les libraires et les lecteurs, elle va discrètement s’imposer comme une auteure qui compte et pas seulement en France, puisque ses livres sont désormais traduits en une douzaine de langues. Où je suis, Ferdinand et les iconoclastesProvidence ou L’ardoise magique autant de titres qui tout en ayant chacun leur propre sujet, leurs propres personnages jouent une petite musique dans laquelle elle se dévoile, à la fois fragile et forte, tendre et cassante. Des histoires surprenantes dans lesquelles le hasard ou la destinée jouent souvent le premier rôle. Son dernier roman Pardonnable, impardonnable est le roman par excellence que vous aurez envie de partager. J’ai rencontré et interviewé Valérie à la médiathèque de Robertsau à Strasbourg en mars 2014. Aujourd’hui, merci à elle d’avoir répondu à mes questions!

Valérie Tong Cuong 1. Comment êtes-vous venu(e) à l’écriture? D’où vous en vient l’envie?

J’écris depuis que je sais tenir un stylo, ou presque. J’ai toujours éprouvé le besoin de m’exprimer par l’écrit, comme si les mots venaient plus facilement qu’à l’oral.

2. Quel est votre plus beau souvenir d’auteur?

Il y a en trop pour que j’établisse une hiérarchie, et parmi les plus forts, ceux qui concernent des échanges bouleversants avec des lecteurs relèvent de l’intime. Mais je peux vous citer ce jour inoubliable où, après avoir lu le manuscrit de mon premier roman, Nicole Lattès m’a dit « peut-être ne le savez-vous pas encore, mais je vous l’affirme, vous êtes un écrivain ».

3. Que pensez-vous de cette citation de Fernando Pessoa « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas »?

La vie est LA source d’inspiration inépuisable et sans cesse plus fascinante de la littérature…

4. Quel livre aimez-vous offrir?

Ceux qui m’ont fait vibrer d’une manière ou d’une autre. Offrir un livre, c’est partager une émotion.

5. Quels sont vos projets littéraires?

Je participe au prochain festival « Le Paris des femmes », pour lequel j’écris un texte de théâtre (début 2016 à Paris). Et je réfléchis à un prochain roman.

6. Y a-t-il une question que je ne vous ai pas posé à laquelle vous auriez aimé répondre? Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

Non, car si je réponds avec plaisir aux interviews, je suis d’une nature discrète.

7. J’allais oublier… avez-vous un secret à nous confier?

Je ne vous confierai pas un secret me concernant, mais plutôt trois secrets pour avancer dans sa vie : écouter, exprimer et surtout, pardonner.

Wilfrid Lupano : « Un océan d’amour »

un océan d'amour (couverture)

Présentation de l'éditeur : "Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes 
bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. 
Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue 
que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux 
chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult 
mouettes."

Nous sommes en Bretagne, dans l’intimité d’un couple au quotidien. Quand le mari ne revient pas de la pèche, c’est un drame. Lui qui pêche et déguste la sardine avec gourmandise, se retrouve pêché à son tour par un énorme cargo. C’est le début d’une aventure, tour à tour drôle et poétique. Il se lie d’amitié avec une mouette, compagnon d’infortune.

les personnages principaux

Mais l’épouse ne reste pas les bras croisés et s’aventure à sa recherche en embarquant sur un gigantesque bateau de croisière aux curieuses mœurs. Mais qu’à cela ne tienne, la bretonne de cœur qu’elle est, se révélera à la confection de crêpes et à la création de napperons au crochet. Encore beaucoup d’aventures surviendront jusqu’à leurs émouvantes retrouvailles.

Il se passe tellement de chose dans ces vignettes sans bulles, qu’on en oublie l’absence de mot. Une BD qui m’a rappelé le film d’animation « Les Triplettes de Belleville ».

planche

J’ai aimé l’ambiance, les couleurs, la douceur et le comique de situation souvent exploité. Un bon moment de « lecture » où vous trouverez les mots absents grâce à votre imagination.

Wilfried Lupano, Un océan d’amour, Delcourt, octobre 2014,  224 pages, 24.95 euros

Rencontre avec Sylvie Le Bihan à la médiathèque de la Robertsau

Sylvie Le Bihan est venue rencontrer les lecteurs de la médiathèque de la Robertsau, mardi 9 juin 2015 à 19h. Une édition bonus dans le cadre « Des mots d’auteurs », pour mon plus grand bonheur. Après lui avoir posé des questions de manière virtuelle (Chut c’est un secret), cette rencontre était l’occasion d’échanger enfin en vrai!

J’ai cherché Sylvie à son hôtel mardi vers 17h30. Grande sportive, elle me confie avoir couru 40 minutes juste avant que je ne vienne pour la conduire à la médiathèque. Elle pratique ce sport depuis toujours et ce n’est pas sans rappeler d’autres auteur tels, Franck Courtès ou Haruki Murakami.

Arrivée à la médiathèque, nous faisons une courte interview pour le blog Myriades.
interview pour le blog Myriades (©  D. Winling)

© Daisy Winling

Autour d’un rafraichissement, nous parlons de la vie, des hommes, nous refaisons presque le monde! Sylvie le Bihan est vraiment quelqu’un avec qui on peut parler librement. J’aime son franc parlé et ses qualités d’écoute.

Sylvie Le Bihan & Bénédicte Junger

© Droits réservés

Pour cette jeune auteur aux deux romans forts et à l’écriture acérée (L’autre et Là où s’arrête la terre), le plus important est de ne pas se prendre au sérieux et de continuer à travailler la simplicité et la fluidité de ses écrits.

Elle nous raconte avec beaucoup d’humour comment ses jumeaux de 17 ans ont étudié l’incipit de son dernier roman avec leur professeur de français sans savoir que le texte était d’elle.

Sylvie Le BihanIMG_4253

« J’aime beaucoup faire un travail de recherche, rencontrer des gens et recueillir leur histoire. »

Cette auteure aux journées bien remplies effectue, en effet, un travail de recherches approfondies pour chacun de ses romans. C’est une dimension essentielle de son travail d’écriture.

Claudia de la Librairie La Parenthèse

© Bénédicte Junger

Merci à notre libraire partenaire Claudia, de la librairie La Parenthèse, qui assure à chaque rencontre la vente de livres.

David, notre régisseur

© Bénédicte Junger

Et merci à David, un régisseur des médiathèques de l’Eurométropole et de la CUS, qui nous met en lumière et assure la diffusion un son de qualité lors de nos rencontres.

Grégoire Delacourt : « Les quatre saisons de l’été

Les quatre saisons de l'été

Présentation de l'éditeur : "Été 99, dont certains prétendent qu’il est le dernier avant la fin du monde.
Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil. Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d’amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, se rencontrent, se croisent et s’influencent sans le savoir.
Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d’amour."

Grégoire Delacourt publie son 5e roman. Un roman sensible, bien construit et développant son thème de prédilection : l’amour, de l’évanescence de sa naissance à la mélancolique tristesse de sa fin.

« Ils étaient allongés à même le sable, ils regardaient le ciel comme on essaie de lire l’avenir. »

4 couples, 4 destins avec pour décor, le Touquet. Entre les lignes qui fleurent bon les embruns et un rythme qui rappelle le bercement des vagues, on se croirait vraiment en bord de mer. Ces couples que l’on suit, expriment chacun leurs listes d’envies, leurs rêves et proposent une définition de l’amour qui leur est propre.

« Au fil des heures, la mer s’éloigne, comme un drap que l’on retirerait doucement , qui dévoilerait une peau claire, vierge de toute conquête. »

Je considère plutôt ce livre comme la compilation de quatre nouvelles. En effet, chaque histoire peut fonctionner indépendamment des autres. A noter, la première partie « Pimprenelle » est une reprise d’une nouvelle publiée pour ELLE en 2013, elle illustre le couple le plus jeune. L’autre élément qui donne le la à ce roman est la chanson de Cabrel « Hors-saison ». Elle apporte une légère mélancolie

J’ai été profondément touchée par le dernier couple, celui des personnages âgées de 75 ans qui s’aiment d’un amour infini et fort, renouvelé à chaque instant de leur vie.

« Nous nous aimions entre les mots et entre les lignes, dans les silences et les regards, dans les gestes les plus simples. Nous nous aimions dans le plaisir précieux de nous retrouver souvent. »

Un roman plaisant à lire, émouvant pour son histoire, les drames et pour le très joli message d’espoir qu’il dessine. Détrompez-vous cependant du martèlement marketing qui lui est lié, ce roman n’est pas seulement le livre de votre été, il est aussi le livre qui vous posera des questions sur votre vision de l’amour et surtout le livre que vous offrirez dans les prochains temps.

Grégoire Delacourt, Les quatre saison de l’été, Lattès, avril 2015, 268 pages, 18,50 euros