Martin Page « Peut-être une histoire d’amour »

Peut-être une histoire d'amour



Présentation de l'éditeur : " Virgile a l’habitude d’être délaissé par les femmes qu’il aime, c’est même une « certitude plus grande que la gravitation ». Mais cette fois, il s’apprête à vivre une expérience autrement plus déconcertante : de retour chez lui après une journée de bureau, il trouve sur son répondeur un message de Clara lui annonçant qu’elle le quitte. Or, il n’a aucun souvenir de cette dénommée Clara. Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu’il ne connaît pas. Peut-être une histoire d’amour est une comédie romantique dont Virgile est le héros décalé. Rebondissements et quiproquos se marient aux réflexions sur l’amour et pimentent cette fable pleine d’esprit."

Martin Page est un écrivain français né le 7 février 1975. Il est l’auteur de plusieurs romans où la désespérance devant le monde contemporain est tempérée par la tendresse et l’humour.

« Dans la vie, il faut s’efforcer à la fois de ne pas perdre et de ne pas gagner. L’exercice est délicat, tant ces deux pôles possèdent un puissant pouvoir d’attraction. »

Virgile est plutôt représentatif de l’idée que l’on se fait d’un homme de sa génération (les trentenaires). Il est même le genre de type à courir chez son psy à la moindre contrariété. On découvre un délicieux personnage, antihéros, qui laisse pourrir le contenu de son frigo, sillonne les rayons du Monoprix avec un casque de spéléologie sur la tête, refuse la promotion qu’on lui impose et habite un immeuble… de passe. Un idéaliste en somme, qui aurait pris la route depuis belle lurette s’il n’était pas désespérément à côté de ses chaussures. Au final, « Peut-être une histoire d’amour » propose une réflexion pertinente sur notre société. Tout dans ce récit, des oignons qui mijotent dans la poêle aux personnages les plus élaborés, a une identité propre et un rôle essentiel.

« L’être humain obéit pour ne pas mourir. C’est le théorème de l’enfant sage : si tu es sage, tu auras de bonnes notes, un métier, une maison, une femme, et ni toi ni aucun de ceux que tu aimes ne mourra. On finit par découvrir que c’est de la foutaise, mais ça marche sacrément longtemps. »

Le texte de Martin Page enchante par son humour pince-sans-rire et son second degré ravageur, ses descriptions par petites touches agrémentées de comparaisons inattendues – l’auteur se plaît tout particulièrement à raconter les femmes, leur allure, leur sillage. Une invitation à la curiosité dans un temps suspendu, un Paris en été, accueillant, vidé d’une partie de ses habitants. La place de la ville est grande et c’est un personnage à elle toute seule. Le roman de Martin Page est rafraîchissant et déroutant. Un bon moment d’humour.

« Il existe un parallèle troublant entre le développement du tourisme et la multiplication des histoires sentimentales. Nous aimons comme nous voyageons, pour de courtes périodes et suivant des circuits organisés. Nous tombons amoureux pour avoir des souvenirs, des lettres, une collection de sensations, de nouvelles couleurs dans nos iris; pour pouvoir en parler au bureau, à nos amis, à notre psy. Il n’y a pas de différence entre l’amour et les voyages, car nous en revenons toujours. »

Martin Page, Peut-être une histoire d’amour, août 2008 , 204 pages, 18,30 euros

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