Emilie Frèche : « Un homme dangereux »

un homme dangereux

Présentation de l'éditeur : « – Maintenant que tu as vraiment quitté ton mari, on va pouvoir parler. Je veux que tu deviennes ma femme. Je t’aime, je veux vivre avec toi, mais avant, il faut que tu laisses tes enfants.
– Pardon ?
– Je suis sérieux. Il faut que tu les laisses à leur père, je te dis ça pour leur bien. Elles seront très heureuses avec lui ; ils partiront vivre en Israël, ce sera beaucoup plus simple, et tu iras leur rendre visite pour les vacances.
– T’es complètement malade.
– Tu sais bien que non, puisque c’est comme ça que ça va se terminer pour les juifs de France. Sept mille juifs sont partis rien que cette année, c’est moi qui l’invente ? Bientôt, il n’y aura plus de juifs en France. Plus un seul juif. Tu te rends compte, un peu ? Le grand rêve de Vichy réalisé par des Merah, des Nemmouche, des Kouachi. Que des petits enfants de bicots qu’on a fait venir du bled pour assembler des boulons, et qui feront mieux que les idéologues du Troisième Reich, sans même avoir besoin de vous mettre dans des trains. Tout ça simplement en jouant avec votre peur. Quelle intelligence ! Quelle économie, surtout. La France nettoyée pour pas un rond. »

Emilie Frèche est une auteure pour adulte et la jeunesse, elle écrit aussi des scénarios. Toujours très inspirés de sa vie personnelle, ses romans abordent la question de l’identité, la difficulté des rapports familiaux et amoureux.

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Carole Martinez : « La terre qui penche »

La terre qui penche

Présentation de l'éditeur : Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent. 
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend. 
Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?
Par la force d’une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l’orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman.

Carole Martinez publie un troisième roman après un long silence. Dans une interview donnée à LivresHebdo, elle explique que le temps n’a pas même pas la valeur en littérature. Ce roman s’inscrit dans le projet de cinq romans attachés à un même lieu au fil des siècles : le château des Murmures. Le premier opus Le domaine des murmures dresse le portait d’Esclarmonde, une jeune recluse un peu révolutionnaire et ayant soif de liberté.

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Séverine Werba : « Appartenir »

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Présentation de l'éditeur : "De la guerre, de la déportation et de la mort de ses proches, Boris, le grand-père de la narratrice, n’a jamais parlé, et ses enfants et petits-enfants ont respecté son silence. Pourtant chacun savait. Mais dans l’appartement du 30, rue de Leningrad, que tout le monde appelait «le 30», le sujet n’était jamais évoqué. Et puis Boris est mort. La jeune femme a vécu un moment au 30, en attendant que l’appartement soit vendu, elle avait vingt ans et la vie devant elle, et elle a cédé à une bibliothèque les livres en hébreu et en yiddish de son grand-père. Plus personne ne parlait ces langues dans la famille. Ce n’est que dix ans plus tard, au moment de devenir mère, que s’est imposé à elle le besoin de combler ce vide et de reprendre le récit familial là où il avait été interrompu. Dans la furie de la guerre. Moins pour reconstituer le drame que pour réinventer des vies. Retrouver les rues de Paris autrefois populaires vivaient Rosa, la sœur de Boris, avec sa fille Lena, déportées en 1942 ; voir ce village lointain d’où son grand-père est parti pour se créer un avenir qu’il espérait meilleur, entendre couler cette rivière d’Ukraine sur laquelle, enfant, il patinait l’hiver. Comprendre où ils vécurent et furent assassinés. Alors elle cherche, fouille, interroge, voyage, croisant la mort à chaque pas dans son étrange entreprise de rendre la vie à ces spectres. C’est une quête insensée, perdue d’avance, mais fondamentale : celle d’une identité paradoxale qu’il lui faut affirmer."

Après avoir été journaliste et productrice de documentaires, Séverine Werba travaille aujourd’hui pour la série policière Engrenages. Appartenir est son premier roman

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Monica Sabolo : « Tout cela n’a rien à avoir avec moi »

tout

Présentation de l'éditeur : "Que reste-t-il de nos chagrins d’amour ?
Depuis le premier jour, les signaux étaient là. Elle : passionnée, fougueuse, pleine 
d’espoir. Lui : fuyant, changeant, désinvesti. Le déséquilibre est flagrant mais elle 
s’aveugle, s’élance… s’effondre.
Quelques mois plus tard, la rupture est consommée. Une rupture, comme une répétition de s
on histoire, dont elle nous offre les reliques naufragées : une collection de photos, 
quelques mots doux, des baisers volés, des briquets dérobés…
Chronique de nos amours avortées."

« Dans cette première partie, nous étudierons le phénomène de l’aveuglement amoureux. Nous verrons de quelle façon l’individu se voit frappé de cette pathologie implacable, alors même qu’il avance, ingénu et confiant dans la vie. Il est scientifiquement notable, pour ne pas dire émouvant, de relever les éléments précurseurs de la catastrophe, ces signes intrinsèques qui scintillent comme autant d’avertissements écrits en lettres de feu et que l’individu traverse, primesautier, avec le sourire innocent d’un enfant qu’on mène à l’autel sacrificiel. »

Vous, Elle, eux et l’amour.
Avec style et brio, Monica Sabolo parvient à nous faire pénétrer le cœur d’une amoureuse éperdue et perdue dans d’innombrables souvenirs collectés au gré de sa grande histoire avortée. Madeleine de Proust et autres trouvailles littéraires, ce roman aux doux accents d’abécédaire et de carte du Tendre, flirte, synthétise et commente les codes de toute une génération de femme. Un livre audacieux et délicat sur les tourments d’aujourd’hui et de la (dé)construction d’une vie sentimentale. Si tout cela n’a rien à voir à elle, aucun doute que cela résonne en vous.

Monica Sabolo, Tout cela n’a rien à voir avec moi, Lattès, septembre 2013, 140 pages, 19 euros