Claire Castillon : « Les pêchers »

Les pêchers

Présentation de l'éditeur : "Tamara est prisonnière. De son mari, Claude, qui veut faire d’elle une épouse idéale. De son amour perdu, à qui elle ne peut s’empêcher de rêver. La liberté lui fait peur, la captivité lui pèse. Elle ne peut ni rester ni partir. Il lui faudra pourtant choisir entre cette conjugalité qui l’étouffe et le besoin éperdu de vivre sa vie. Aimée, elle, semble parfaitement adaptée au monde tel qu’il va. Mais son personnage de material girl cache une vraie fragilité. Ex-femme de Claude, elle juge les hommes avec tendresse et sévérité. Qu’attend-elle de l’amour ? Tout, sauf l’angoisse d’être trop (ou pas assez) aimée. Et puis il y a sa fille, Esther, dont elle s’occupe avec le mélange d’affection et d’égoïsme qui la caractérise. Esther… Une adolescente d’aujourd’hui. Espionne, poète, raisonneuse, innocente, amoureuse. Son regard implacable radiographie les adultes, si touchants dans leur refus d’être lucides. Et si c’était elle, la véritable héroïne de cette histoire ? Elle en serait, sans le moindre doute, la parfaite victime expiatoire. 
Rageuse, mélancolique, toujours surprenante, la plume de Claire Castillon fait mouche dans ce nouvel épisode de la guerre des sexes qu’elle ne cesse d’explorer, de livre en livre."

Claire Castillon est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, parmi lesquels : Les Merveilles (Grasset) et Eux (L’Olivier) abordant la thématique du couple de sa construction à son délitement.

Dans ce nouveau roman qui se compose de trois parties portant le nom d’un personnage de l’histoire : Tamara, Aimée et Esther, il est question de tentative de recomposition ou de reconstruction d’un couple.

« L’amitié, c’est comme l’amour, un peu compliqué par endroits. »

Claire Castillon donne à voir un jeu de points de vue très intéressant qui remet en doute les certitudes acquises au fil de la lecture par le lecteur.

« C’est dommage qu’entre ressemblants on ne soit pas capables de se reconnaitre. »

Une constante existe cependant dans les yeux de ces trois femmes : le dénigrement de la personne de Claude et une sorte d’incapacité à communiquer de manière efficace avec lui. Il ne satisfait aucune des attentes de ces trois femmes, pire il les perturbe.

« Je me sens télécommandée. »

Il est question d’amour et de possession, de dominé et de dominant, de liberté et d’enfermement. L’analyse produite par Claire Castillon est sensible et nuancée comme dans tous ses écrits. Il y a une intelligence émotionnelle qui émane de ses descriptions de situations au premier abord, anodines.

« Quand on aime, on perd le dégoût, normalement, quand on est normal, quand on a les capacités mentales pour profiter. Si on n’a pas trop de nerfs, on aime bien se laisser aimer. »

J’ai aimé le ton juste de l’auteure, la construction du roman en trois parties qui permettent de découvrir et réinvestir les enjeux de ces cinq personnages jusqu’aux toutes dernières pages. Le destin d’Esther est touchant et un peu triste. Il pose très justement la question de liberté de parole et du poids de l’amour et du secret.

Claire Castillon, Les pêchers, L’Olivier, septembre 2015, 208 pages, 17.50 euros

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2 commentaires sur « Claire Castillon : « Les pêchers » »

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