Romain Puértolas : « Re-vive l’empereur »

re-vive l'empereur

Présentation de l'éditeur : " Maintenu en parfait état de conservation par les eaux glaciales de la mer du Nord, repêché par un chalutier, puis décongelé, Napoléon Bonaparte revient à la vie au moment des attentats djihadistes de Paris, juste à temps pour sauver le monde...

Romain Puértolas est sans conteste le phénomène littéraire de 2013. Avec L’incroyable voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA, il s’impose non seulement dans les meilleures ventes auprès des plus grands (David Foenkinos et Amélie Nothomb, pour ne citer qu’eux) mais il s’installe aussi dans le cœur de ses lecteurs qui lui suivent de plus en plus nombreux au grès de ses publications déjantées mais toujours humanistes et vibrantes de sincérité. Il porte sur le monde un regard qui évoque à la fois celui d’un enfant qui aurait grandi trop vite et celui d’un homme mûr érigeant l’humour en principe de précaution à la morosité. Le pouvoir de l’imagination pour réenchanter le monde. En 2015, il se paie le luxe de publier deux romans, La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel en février et Re-Vive l’empereur en septembre.

Re-Vive l’empereur est fidèle au ton des précédents romans mais met en scène un personnage historique célèbre : Napoléon. Il ne réécrit pas l’histoire du grand empereur mais propose de le faire revivre à la manière d’Hibernatus.

« Oui, ils en avaient ramassé des drôles de trucs, mais au grand jamais, ils n’avaient repêché deux grosses boites avec un être humain et un cheval à l’intérieur. (…) On l’avait étendu sur un matelas de cabillauds. Avec précaution. Plus pour les cabillauds, que l’on vendrait à bon prix au géant français du poisson pané surgelé Findus, que pour le cadavre dont ne tirerait aucun bénéfice. »

Son retour à la vie actuelle offre à l’auteur la possibilité d’un regard naïf et « très intelligent » sur la société actuelle. Cela n’est pas sans rappeler le procédé du « bon sauvage » utilisé par Montesquieu dans ses Lettres persanes.

 » – L’hebdo des Charlots que tout l’ monde y s’arrache ! En rupture de stock partout. j’ai réussi à m’ le procurer. J’les achète à trois euros et les revends à cent cinquante’, deux cents euros sur eBay. J’ai un copain qui bosse dans un café-internet.
Abeille? Qu’était-ce donc? Une place de marché où se réunissaient les artisans? »

Napoléon apprend rapidement qu’il lui manque (en plus de son pénis prélevé lors de l’autopsie et conservé par un collectionneur américain) une sérieuse mise à jour concernant les affaires politiques en France. L’attentat à « l’Hebdo des Charlots », la montée en puissance de DAECH et de son plan de terreur et de répression impactent profondément cet ancien chef de guerre redoutable. Ni une ni deux, il reprend les affaires à bras le corps et constitue une nouvelle Petite Grande Armée pour le moins décalée. Cette entreprise l’entraîne à la rencontre de ses descendants illégitimes et de personnages haut en couleur.

« Napoléon trouva qu’à cette époque, on était un peu trop de choses à la fois. Que l’on était peut-être plus assez soi-même. »

Le pouvoir de l’écriture de Romain Puértolas est tel qu’il entraîne son lecteur sans difficultés dans ces incroyables aventures où effets de réel et imaginaires trouvent un équilibre essentiel à la construction du roman.

« – Ils (DAECH) n’apprécient pas l’humour. ils n’apprécient pas le liberté, sous quelque forme que ce soit. Et comme ils ne sont pas assez intelligents ou cultivés pour lutter à force d’arguments, eh bien, ils luttent avec des armes et assassinent. c’est tellement plus facile que de se lancer dans un débat chez Naulleau ou Pujadas.
Napoléon pensa que c’était là le nom de deux grands intellectuels de cette époque. »

A l’heure où il est de plus en question de vrai et d’authentique (voir D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan)  en littérature, d’autofiction, ce jeune auteur inscrit ses romans dans un sillage différent avec intelligence et légèreté sans pour autant négliger de faire passer des messages humanistes et altruistes.

« Le plus important, c’est la force spirituelle, l’appui que l’on cherche dans la religion, l’assurance de ne point nous sentir seul. Jamais. »

Romain Puértolas, Re-vive l’empereur, Le Diletante, octobre 2015, 352 pages, 22 euros

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2 commentaires sur « Romain Puértolas : « Re-vive l’empereur » »

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