Jour 1 : Valérie Tong Cuong : « L’ardoise magique »

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l'ardoise magique

 

Présentation de l'éditeur : "Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde d'un pont. Un train surgit. L'une saute, l'autre pas. Celle qui a sauté, c'est Alice. Elle est riche, jolie, et habite un quartier résidentiel. L'autre s'appelle Mina. Depuis la mort de sa mère, elle vit chez son oncle et sa tante dans le quartier des HLM.
Les deux amies s'étaient jurer de se suicider ensemble. En rompant le pacte, Mina perd toute raison d'exister. Pourquoi n'a-t-elle pas sauté ? Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie ? Pourquoi Alice voulait-elle en finir ? Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide ?
Devenue fugitive, Mina cherche à comprendre ce qui s'est passé depuis qu'Alice a surgi dans sa vie. Pourquoi ont-elles noué une amitié si forte ? Qui était vraiment Alice ?
Cette enquête va pousser Mina à regarder la vérité en face, une terrible vérité, dont il lui faudra s'affranchir pour gagner sa liberté."

Valérie Tong Cuong est une auteure dont l’oeuvre est marquée par une forte évolution vers l’optimisme et le pardon. La rage vivre et la construction en opposition des autres s’est adouci et laisse place à des romans que l’on peut facilement ranger avec les feel’s good books.

L’ardoise magique est le 7e roman de cette auteur et marque le tournant dans son oeuvre vers quelque chose plus lumineux.

Mina est née de père inconnu. Elle est confiée après la mort de sa mère, alcoolique, chômeuse et marginale à une tante qui la déteste et un oncle qui l’ignore.

« Le jour où j’ai décidé de vivre est aussi celui où j’ai perdu officiellement toute raison d’exister.
Le tout s’est produit un mercredi matin, dans un intervalle d’un centième de seconde, comme une gigantesque claque du destin. »

Au lycée, elle rencontre Alice, issue d’un milieu aisé, brillante, cultivée et belle. La cruauté et les jalousies d’adolescents la placent très vite en marge de la classe. Il n’y avait aucune chance pour qu’elles deviennent amies, et pourtant cet isolement commun, cet appartenance à deux milieux dissemblables qu’elles souhaitent fuir, rapprochent les deux ados. Tout les oppose mais tout les rassemble et surtout cette envie de vivre d’autres vies que la leurs. Une amitié nait alors, solaire, entière et exclusive. Pour échapper à leur quotidien, elles décideront de mettre fin à leurs jours ensemble. Mais c’est le double drame, la double peine. Alice saute. Mina reste.

« Elle passe sa vie à copier un modèle flou qu’elle tire des magazines qu’elle lit ou des conversations qu’elle a. Tout ce qu’elle fait, tout ce qu’elle exprime, tout ce qu’elle entreprend, ses choix, ses décisions sont le reflet de ce modèle. Pourquoi ? Elle ne vit qu’à travers l’image qu’elle espère projeter. Elle veut qu’on dise d’elle,« Ah, cette femme, c’est une femme bien, c’est une femme exceptionnelle, sa maison est magnifique, son mariage est magnifique, sa fille est magnifique. » Pour obtenir ce résultat, c’est un travail permanent. »

Pour exorciser sa culpabilité de d’avoir trahie son amie, Mina va explorer l’univers doré d’Alice : rencontrer cette famille tant décriée par son amie. Mina souhaite comprendre pourquoi Alice a choisi la mort et elle, la vie. Elle fait la connaissance de David, dit « Sans larme », un garçon gothique et poétique qui se situe lui aussi en marge de la société. Réfugiée dans une petite cabane de jardin, mi maison de poupée, mi prison, Mina va chercher à savoir qui elle est vraiment. Cela aura lieu sous le regard bienfaiteur de David qui va la soutenir dans ses moments de doute et l’accompagner dans cette quête.

C’est un bien joli livre à l’écriture fluide. Il est empreint d’une douce mélancolie et révèle le mal-être d’une adolescente solitaire et rêveuse. J’ai aimé la plume légère et grave de Valérie Tong Cuong qui explore avec délicatesse les questionnements, la douleur et les tourments de la jeune Mina. Le livre de Valérie sait également jouer avec le suspense et offre une fin absolument incroyable…

« L’intérêt d’une vie ne se résume pas à la liste de ce qu’on possède. Il est ailleurs invisible.Il est ce que tu es. A l’intérieur. »

Un roman fort sur la vie, l’amitié, les ressources insoupçonnées que l’on cache au fond de soi.

L’offrir à : des ami(e)s, des ados, des amateurs d’histoires qui sentent « le vrai ».

Valérie Tong Cuong, L’ardoise magique , J’ai lu, janvier 2013, 157 pages, 6,20 euros

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