Jour 4 : Nicolas Clément : « Sauf les fleurs »

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sauf les fleurs

 

Présentation de l'éditeur : "Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l’amour de la mère, l’enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre.
À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l’amour du petit frère et celui des mots.
Une histoire bouleversante et charnelle, une langue d’une puissance étincelante : la voix de Marthe, musicale et nue, accompagnera le lecteur pour longtemps."

 

Nicolas Clément est écrivain et professeur de philosophie en lycée et en classes préparatoires. Sauf les fleurs est son premier roman distingué du Prix Festival du premier roman de Chambéry 2014, Prix Emmanuel-Roblès 2014 et du Prix (du métro) Goncourt 2014

 « J’écris cette histoire pour oublier que nous n’existons plus », confie Marthe dès l’ouverture du récit.

« J’aimerais savoir, pourtant, d’où je viens, de quel amour je suis née, si je serai, même une fois, l’endroit de quelqu’un. »

Ce très court roman suit le parcours dramatique de la jeune narratrice qui souffre d’un manque d’amour et de violences de son père. Sauf Les Fleurs bouscule et dérange. Le langage particulier de Marthe, déficient et poétique, intensifie encore la tragédie : « Le premier qui se sauve marque une maman. »

« Au cimetière, j’ai des larmes assises sur leur jour d’aimer : Maman est partie. »

Nicolas Clément a une écriture magique et fait justement résonner les mots d’enfants, d’adolescents, de jeunes adultes de ses personnages. Il crée un nouveau monde intime où les animaux sont les puissances sages, les garants de la stabilité qui vacillera quand le père, qui n’est que violence, exercera sa colère destructrice. Ni l’amour de et pour son frère, ni celui de son amoureux ne garderont Marthe de tuer son père, qu’elle a tant craint. C’est une tragédie grecque puissante et infernale que nous propose ce jeune auteur.

« Chaque sourire me soutient que la vie est bonne, qu’il ne faut pas toujours chercher à comprendre mais relever les cœurs tombés. Quand la tristesse vient miauler dans mes jambes, je la prends sur mes genoux, j’appose mes mains guérisseuses et je t’offre mon dos rond. Aussi, quand tu pourras, sois fier de ce que nous n’avons pas reçu et qui nous sert d’épines. »

J’ai été profondément touchée par ce roman humble et généreux au texte pénétrant et inoubliable. Une véritable expérience littéraire.

L’offrir à :  des lecteurs avertis, des amoureux de la poésie, des curieux de la langue, des esthètes.

Nicolas Clément, Sauf les fleurs, Buchet Chastel, août 2013, 80 pages, 9 euros

 

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2 commentaires sur « Jour 4 : Nicolas Clément : « Sauf les fleurs » »

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