Alain Mabanckou : « Petit piment » #MRL15 #PriceMinister

Alain Mabanckou

Présentation de l'éditeur : "Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution catholique placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées, et Petit Piment en profite pour s’évader avec des jumeaux à la brutalité légendaire, abandonnant ainsi son meilleur ami, qui refuse de le suivre. Il s’adonne alors, avec son clan, à toutes sortes de larcins, jusqu’à ce que les habitants décident de nettoyer leur zone d’action. Petit Piment trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaîté quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Mais le maire de Pointe-Noire décide d’une nouvelle intervention énergique contre la prostitution. C’en est trop. Petit Piment perd la tête. De bonnes âmes cherchent à le soigner (médecine, psychanalyse, magie ou sorcellerie), mais l’apparente maladie mentale ne lui fait pas perdre le nord : il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin."

Alain Mabanckou, né au Congo, est l’auteur de plusieurs romans, dont Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006) pour lequel il a reçu le prix Renaudot. Il partage sa vie entre les États-Unis (où il enseigne la littérature francophone) et la France.

J’ai fait la connaissance avec Alain Mabanckou, il y a quelques années déjà à l’occasion de son excellent roman Demain j’aurai 20 ans assez proche de celui ci finalement puisqu’il a la même fonction : celle d’être un roman d’apprentissage.

Ambiance africaine garantie pour ce court roman d’Alain Mabanckou. C’est le récit de la vie de Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko, dit Moïse, dit Petit Piment en trois parties : à l’orphelinat, dans la rue puis seul en proie à une amnésie délirante.

« Quand je me plaignais que Untel n’avait pas prononcé correctement ou intégralement mon nom, Papa Moupelo m’incitait à ne pas m’emporter, à prier le soir avant de m’endormir pour remercier le Tout-Puissant car, d’après lui, le destin d’un être humain est caché dans son nom. »

Après une fuite de l’orphelinat, Petit Piment trouve refuge dans la plus ouverte des maisons closes tenue par l’extravagante Maman Fiat 500.

« Je voulais à tout prix voir le nombril d’un agent de police. Je dormais avec cette obsession, je me réveillais avec elle. »

 Alors qu’il perd toutes les personnes qui comptent pour lui, il perd aussi la tête. Petit Piment a mené une vie cruelle et difficile, tout le mérite de l’auteur est rendre les choses avec beaucoup de réel et une distanciation intrigante.

« Les eaux de la terre ne pourront jamais procurer de la pureté à qui que ce soit. »

On s’amuse ici comme dans les romans de Pagnol, c’est vif et enlevé. L’auteur joue avec les rythmes, les tonalités, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer et l’histoire est bien relevée comme son titre l’indique.

Alain Mabanckou, Petit piment, Seuil, août 2015, 288 pages, 18.50 euros

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