Amélie Nothomb : « Riquet à la houppe »

Amelie Nothomb

Présentation de l'éditeur : « L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

Amélie Nothomb ne manquerait une rentrée littéraire pour rien au monde et la rentrée littéraire sans Amélie ne pourrait l’être vraiment. Riquet à la houppe, 25e roman de la dame au chapeau s’attaque au conte de fée tout comme c’était déjà le cas avec Barbe-bleue, il y a quelques année.

Amélie Nothomb signe au roman qui s’inscrit une fois encore l’actualité par le truchement du détournement de conte. Avec le personnage de Riquet à la houppe, elle pointe le diktat de l’apparence et le pensées à l’emporte-pièce. En effet, Riquet et Trémière sont affublés pour l’un d’une laideur équivalente à son intelligence et pour l’autre d’une beauté égale à sa stupidité. Leur rencontre va être improbable et électrique.

« Les gens ne sont pas indifférents à l’extrême beauté : ils la détestent très consciemment. Le très laid suscite parfois un peu de compassion ; le très beau irrite sans pitié. La clé du succès réside dans la vague joliesse qui ne dérange personne. »

Forte d’un style direct et puissant, simple mai pas simpliste, l’auteure percute par sa clarté et une distillation légère de prénoms improbables et de noms communs oubliés. Comme à l’accoutumé, Amélie Nothomb évoque son amour de l’écrit et des livres à travers les traits de caractères de ses personnages. C’est ainsi que Riquet à la houppe dit :

« Il détestait se sentir orphelins de livres, comme si aucun bouquin n’avait voulu de lui : il demeurait persuadé que c’était les ouvrages qui adoptaient leurs lecteurs et non le contraire. »

Et pour une fois, chez Amélie, l’histoire d’amour se finit bien. Même si cette happy end, vaudra cette explication en fin de roman.

« Or, s’il est une règle presque absolue qui gouverne les chefs d’oeuvre de la littérature amoureuse, c’est qu’ils doivent se terminer très mal. Sinon on considère que c’est du roman de gare. Tout se passe comme si le grand écrivain, pour se faire pardonner d’aborder le pont aux ânes littéraire, y incluait une fin tragique en guise de contrition. »

Ce roman renoue avec les grands opus de la plus française des auteurs belges. Un moment entre parenthèse qui se déguste et me fait déjà espérer l’année prochaine !

Amélie Nothomb, Riquet à la houppe, Albin Michel, aout 2016, 198 pages, 16,90 euros

 

 

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