Valentine Goby : « Un paquebot dans les arbres » #MRL16

valentine goby

Présentation de l'éditeur : "Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.
À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres."

Dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire, j’ai reçu le 12e roman de Valentine Goby. Merci à Price Minister !

Dans ses romans, Valentine Goby place le corps dans une position clé. Lieu de mystères, dans la manière qu’il a de donner naissance (Kinderzimmer) ou dans la lutte contre la maladie, le corps permet de cristalliser les espoirs et les peurs. Il offre ainsi un prisme intéressant pour réévaluer un environnement terrorisant ou familier.

La famille du bonheur : un café, des rires, la chaleur d’un endroit à soi, et la douceur de l’enfance sans inquiétudes. Les premières pages sont gaies mais le drame pointe son nez avec l’arrivée de la tuberculose. Adieu, rires, insouciance, enfance… Mathilde, l’enfant du milieu, coincée entre  Annie et Jacques, par qui est focalisée l’histoire, n’a d’autre choix que de se battre pour ceux qu’elle aime. Elle résiste à sa manière, à la fois forte et fragile, humaine et terrienne.

« Mathilde est une funambule en tension, oscillant entre la nécessité d’être Mathilde Blanc, puissante, enchanteresse, fidèle ; et le désir aigu d’être une autre, fragile, légère, avec des rêves à soi. C’est une danse étrange que celle de Mathilde sur ce fil, son corps penchant toujours du même côté, lesté du poids d’amour qu’elle porte à Odile, Paulot et Jacques ; du côté de l’oubli de soi. »

Valentine Goby nous donne à vivre de l’intérieur cette drôle de période des « Trente glorieuses » par la grâce de personnages attachants, écorchés par le destin mais avant tout vivants. Le paquebot énigmatique du titre est le sanatorium, où partent (peut-être) le père et la mère pour leur dernier voyage…

Ce roman est un devoir mémoire inspiré de l’histoire familiale d’Élise Bellion mais aussi un hymne à la vie et à l’amour filial. La plume virevoltante de l’auteure, son ton à la fois doux et précis font de la lecture un moment fort et prenant.

« La mémoire est une somme d’images vivantes et de fenêtres murées. »

Valentine Goby, Un paquebot dans les arbres, Actes Sud, août 2016, 266 pages,19,80 euros 

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