Marine Westphal : « La téméraire »

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Présentation de l'éditeur : "Pour le rendez-vous elle avait colorié sa bouche de coquelicot en tube, poudré ses pommettes, la totale. Elle apprendra que son rouge avait bavé sur ses incisives, ravageant son sourire un brin carnassier. Bartolomeo avait trouvé Sali jolie quoiqu’un peu ridicule, elle avait quelque chose d’une tasse de porcelaine mal rangée, au bord de la chute, en détresse. »
Sali, Bartolomeo. Un amour qui dure depuis trente ans. Mais un grain de sable enraye tout : sur les sentiers des Pyrénées, Bartolomeo est victime d’un AVC. Comment l’accompagner ? Comment croire à l’avenir ? Contre l’accident fatal, il reste un seul ressort : la volonté d’une femme, qui décide de réenchanter les derniers instants de son mari. La téméraire est un texte bouleversant qui embrasse la maladie dans une danse grave et généreuse."

Marine Westphal a 26 ans, elle est infirmière. Lauréate du concours Georges Sand pour une nouvelle, elle publie un premier roman qui résonne comme un cri d’amour et de vie.

Au coeur de La téméraire, se dessine un amour indéfectible, pur, d’une beauté éclatante. Sali et Bartolomeo forment un couple atypique, aux accents poétiques et au charme suranné. Mais le bonheur est fragile et doit se réinventer après l’AVC de Bartolomeo.

« C’est une poussière qui se perd dans l’espace et vient percuter le destin, comme une aiguille un ballon d’anniversaire. Poc. »

Mère courage et épouse dévouée, Sali prend une place centrale dans le roman où ses souvenirs et le quotidien de l’hospitalisation à domicile de son mari brossent le tableau d’une vie de promesses et de tendresse. Marine Westphal surprend par son style où métaphores et images abondent. Un univers nait en peu de mots et transporte le lecteur au coeur d’une problématique  grave mais plus que jamais nécessaire qui aborde la question du droit de mourir dans la dignité.

« Car il est une chose plus pénible encore que d’apprendre la mort d’un être aimé, c’est de l’attendre. »

Texte d’une beauté infinie et d’une incroyable justesse, ce roman enchante par sa réalité grave et poétique où chaque mot pèse de sa juste valeur. Un roman testament où l’on sent, tapis derrière les mots, tout le quotidien du métier d’infirmière  et la grandeur d’âme de son auteur. Un texte bouleversant.

Marine Westphal, La téméraire, Seuil, janvier 2017, 144 pages, 16,50 euros

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9 commentaires sur « Marine Westphal : « La téméraire » »

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