Christophe Ono-Dit-Biot : « Croire au merveilleux »

Christophe Ono-Dit-Biot est journaliste et écrivain mais il aime surtout la mythologie grecque, à laquelle il rend un hommage appuyé dans ce roman. Après la merveilleuse histoire d’amour de Plonger, l’auteur nous invite à la rencontre de César, son double littéraire.

César n’accepte pas la mort de sa femme. Il regarde grandir Hector, son fils mais à travers son enfant, le spectre de sa femme subsiste et cela lui fend le coeur. Une distance entre le père et le fils s’installe et semble insurmontable. Mais alors, qu’il se prend un peu trop pour Socrate et goute au poison de médicaments, on frappe à sa porte. C’est la voisine. Elle est nouvelle, jeune et grecque. Et c’est la fascinante bibliothèque de livres en grec ancien dans le salon de César qui va lier les deux voisins et peut être même les sauver.

« J’aime les mots, leur sens ancien, les passerelles que ça crée. L’impression d’un ordre, d’une cohérence, d’un enracinement, le seul qui tienne dans ce monde de folie. Où les mots ne veulent plus rien dire. Où la vérité ne compte plus. Où la nuance est morte. »

Au coeur de ce roman, les mythes antiques entrent en résonance avec le monde moderne, en démontant tour à tout son absurdité et son éternel recommencement. On retrouve de très belles pages où Eros et Thanatos dansent dans un tourbillon de souvenirs et rêves. Le style est souple et caressant comme finalement cette main aperçue sur une plage qui tient un livre qu’évoque César : « Etre lu, c’est être caressé. »

Elégie moderne et ode à la vie, l’écriture de Christophe Ono-Dit-Biot renoue avec le merveilleux dans ses descriptions sensuelles de la côte amalfitaine. Croire au merveilleux c’est la magnifique histoire d’une renaissance entre magie et mythologie. Un roman où le lecteur se sent bien et qu’il n’a pas envie de quitter.

Présentation de l'éditeur : "«Je veux bien avoir été distrait ces temps-ci, mais je sais que si j'avais croisé cette fille-là dans l'ascenseur ou le hall d'entrée, je m'en serais souvenu. Et puisque je me souviens d'elle, c'est que je l'ai vue ailleurs.» 
César a décidé de mourir. Mais une jeune femme sonne à sa porte et contrarie ses plans. Étudiante en architecture, grecque, elle se prétend sa voisine, alors qu'il ne l'a jamais vue. En est-il si sûr? Pourquoi se montre-t-elle si prévenante envers lui, quadragénaire en deuil de Paz, la femme aimée, persuadé qu'il n'arrivera pas à rendre heureux l'enfant qu'ils ont eu ensemble, et qui lui ressemble tant? Pourquoi est-elle si intéressée par sa bibliothèque d'auteurs antiques? 
D'un Paris meurtri aux rivages solaires de l'Italie en passant par quelques îles proches et lointaines, Croire au merveilleux, en dialogue intime avec Plonger, est l'histoire d'un homme sauvé par son enfance et le pouvoir des mythes. Un homme qui va comprendre qu'il est peut-être temps, enfin, de devenir un père. Et de transmettre ce qu'il a de plus cher."

Christophe Ono-Dit-Biot, Croire au merveilleux, Gallimard, mars 2017, 240 pages, 20 euros

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9 commentaires sur « Christophe Ono-Dit-Biot : « Croire au merveilleux » »

  1. La lecture de ce roman m’a littéralement emportée ! Je n’aurais pas dû lui consacrer qu’une seule journée, car aujourd’hui César, et Nana me manquent ! Véritablement une ode à la vie ! C’est merveilleux !

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