Xavier Durringer : « Making of » #RL2017

Le premier roman de Xavier Durringer, « Sfumato » m’a touchée pour son style, sa dimension philosophique et son humour. Son deuxième roman s’inspire toujours de ses expériences personnelles mais porte en plus un regard critique et doux-amer sur le monde du cinéma et ses paillettes.

Avec beaucoup d’humour, Xavier Durringer décrit un tournage en Corse où ne rien ne se passe comme prévu. Usant de tous les ressorts de la comédie, jeux de mots, comique de répétition, rebondissements et grand n’importe quoi, il entraîne le lecteur avec lui dans les secrets de tournage de ce qui devrait être un grand film d’auteur mais finalement devient un moyen de réinsertion pour Joseph Monterey, un ancien gangster.

« Monterey désormais pouvait courir le monde, mais à quoi bon ? La liberté du poisson rouge. Il s’était senti seul comme jamais. Impossible pour lui de rentrer dans une supermarché ou même chez un buraliste acheter une cartouche de clopes. Impossible de devoir faire la queue, attendre, demander. Impossible de tenir une conversation sur la pluie et le beau temps, sur la politique, le sport, les vacances, le boulot, le cinéma. D’aller seul au restaurant ou de de se faire à manger. La détention l’avait brisé, condamné au rien, au vide. La seule chose qu’il avait aimée en prison : la littérature. »

Les relations sur le plateau sont passées à la loupe, l’invisible devient visible et l’anodin devient énorme. L’auteur ne prive pas d’assener quelques vérités bien senties à ceux qui font et défont les rêves de cinéma.

« Réaliser, c’est détourner, mentir, violer, voler les acteurs, les trahir, les aimer, les haïr, tous les coups sont permis pour arriver à tes fins et que l’acteur te donne un débordement d’âme, pour que tu chopes un élément fortuit, une petite lumière qu’il n’avait jamais eu auparavant. C’est ce que se passe sur un plateau, c’est ta cuisine. »

J’ai aimé passer de l’autre coté du miroir, assister en témoin privilégié à la création romancée d’un film. Ce roman est un très bon livre et il ferait un très bon film.

Présentation de l'éditeur : "Vous êtes au cinéma. Sur l’écran, un homme 
et une femme font l’amour. La lumière est magnifique, le cadre parfait. 
Un long mouvement de travelling, à peine perceptible, fixe l’instant. 
Ils s’aiment, c’est sûr ! Mais que s’est-il passé une heure avant et 
une heure après sur le plateau ? Ça, heureusement, assis dans votre 
fauteuil, vous ne le saurez jamais ! C’est ce qu’on appelle la magie du 
cinéma… Un ancien taulard qui s’improvise acteur et s’obstine à ne pas 
dire son texte, son remplaçant retrouvé nu accroché à un arbre dans le 
maquis corse en train de manger des gambas, un assistant séquestré 
dans le coffre d’une voiture, une actrice qui se prend une mandale au 
moment le plus chaud d’une scène d’amour, et Corso, le réalisateur, 
qui entre tendresse et exaspération envers son équipe tente 
désespérément de maîtriser ce chaos…"

Xavier Durringer, Making of, Le passage, 24 août 2017, 304 pages, 18 euros

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2 commentaires sur « Xavier Durringer : « Making of » #RL2017 »

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