Justine Augier : « De l’ardeur » #rl2017

Justine Augier signe un livre brûlant sur l’actualité syrienne à travers la figure d’une femme forte, devenue une icone de la révolution et du combat pour la liberté et la justice.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Grand Prix des lectrices ELLE 2018. Il fait partie de la sélection de novembre, catégorie documentaire.

J’ai été assez frappée par ce documentaire. Il m’a tour à tour agacée pour ses circonvolutions et ses analyses, émue pour les descriptions du combat d’une femme dans un pays où il est si difficile de se faire entendre parmi les hommes mais surtout il m’a appris beaucoup sur la Syrie et le système de Bachar Al Assad.

« L’État islamique est né de la violence déployée en Syrie, en Irak, et avant cela en Afghanistan, mais aussi du langage que l’on a épuisé et qui finit par tourner à vide. Face aux mots qui n’accrochent plus, on pourrait faire le choix de s’en remettre à un autre langage, plus incarné, et pourquoi pas même à une parole révélée. »

L’enquête que mène l’auteure met un peu de temps à se mettre en place, et le début m’a paru long bien qu’il soit nécessaire. J’ai apprécié que l’auteure apparaisse aussi dans le récit en nous faisant par des difficultés rencontrées et des choix à effectuer.

Le vocabulaire est précis et le style juste comme il faut pour ne pas sombrer dans l’apitoiement et la pathos.

« Elle se sentait assez isolée, n’arrivait pas à s’adapter. Je crois qu’elle était très affectée par ce qui arrivait aux prisonniers politiques, par la brutalité du régime et l’injustice. À tel point qu’elle ne parvenait pas à mener une vie normale. Elle sortait très peu. Je crois qu’il lui était impossible de vivre sa vie comme si tout cela n’avait pas lieu. »

Razan Zaitouneh est un nom qui méritait bien un livre et qui mérite surtout de ne pas tomber dans l’oubli. Le courage de cette femme de loi et de conviction transparait dans chaque page et inspire non seulement un grand respect mais prend la place de modèle à suivre.
Merci à l’auteure d’en avoir fait un personnage de papier inoubliable.

Présentation de l'éditeur : "Avocate, militante des droits de l’homme, fi gure de la dissidence syrienne, Razan Zaitouneh s’appliquait à docu-menter les crimes commis dans son pays par le régime mais aussi par les groupes intégristes, à recueillir la parole de ceux qui avaient survécu à la torture et à l’enfermement – quand, en décembre 2013, elle fut enlevée avec trois de ses compagnons de lutte. Depuis lors, on est sans nouvelles. De l’ardeur reconstitue son portrait, recompose le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du °crime permanent˛ qu’est devenu ce pays.
En découvrant son combat et son sort, Justine Augier, qui a elle-même mis à distance ses premiers élans huma-nitaires, est saisie par la résonance que cet engagement aussi total qu’épris de nuances trouve dans ses propres questionnements. Récit d’une enquête et d’une obsession intime, partage d’un vertige, son livre est le lieu de cette rencontre, dans la brûlure de l’absence de Razan. 
Plongée dans l’histoire au présent, De l’ardeur nous donne un accès précieux à cette réalité insaisissable dans son assassine absurdité, et si violemment parallèle à notre confort occidental peu à peu menacé. Et ce, dans un respect absolu de la dignité du langage, dans la lucidité d’une impuissance certaine et néanmoins étrangère à toute red-dition."

Justine Augier, De l’ardeur, Actes Sud, septembre 2017, 320 pages, 21.80 euros

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