[calendrier de l’avent littéraire] J7 Le conseil de Gaëlle Josse

Il y a deux ans, Gaëlle Josse offrait pour le dernier jour du calendrier un conte noël (vous pouvez le lire ici). Cette année, elle revient avec un magnifique coup de cœur.

« Plus haut que la mer » de Francesca Melandri, Folio, 7.20euros

C’est un livre que m’a offert un libraire, à l’issue d’une rencontre. « tiens, celui-ci devrait te plaire ». Oui. Ô combien. À mon tour la joie de vous l’offrir, aujourd’hui.

Paolo, professeur de philosophie à la retraite, et Luisa, agricultrice, mère de cinq enfants, n’ont pas grand-chose de commun. Si ce n’est de se trouver ensemble sur le bateau qui les conduit jusqu’à l’île-prison, au large de la Sicile, où le fils de l’un et le mari de l’autre sont incarcérés. Crimes terroristes pour le fils, c’est l’Italie des années de plomb, et crimes, violences de droit commun pour le mari.

Le soir venu, ils ne pourront pas reprendre le bateau, la mer est trop mauvaise. Ils vont passer la nuit sur l’île, dans un hébergement de fortune, accompagnés par un jeune gardien, un garçon déjà détruit par l’atmosphère qui règne dans ce lieu, témoin de trop de scènes violentes. En vain, son épouse tente de l’aider à exprimer ce qui le ronge. Mais les mots sont enfouis si loin…

Restés seuls, Paolo et Luisa vont parler, cette nuit-là. Parler de ce fils et de ce mari, parler de ces crimes qu’ils ne comprennent pas, de ce qui leur échappe, de ce qu’ils tentent de sauver de leurs vies. De leurs peurs, de leurs remords, des pensées qui les hantent. Tant de choses vont être dites, pendant ces heures étranges. Au matin, ils reprendront le bateau. Entre ces deux solitudes, entre ces deux mondes, quelque chose s’est noué, s’est apaisé, s’est éclairé.

Ce fil à la fois ténu et essentiel, qui se tisse entre eux, Francesca Melandri le déroule avec pudeur, avec une infinie subtilité. Dans les jours gris de ces deux malmenés, le furtif surgissement d’une lueur d’aube, inespérée. Et c’est magnifique.

En savoir plus sur Gaëlle Josse ?

Gaëlle Josse est une de ces plumes qui se reconnaît aux premiers mots, aux premiers mouvements du texte. Son univers est poétique, fragile, triste parfois. Le drame n’est jamais loin que ce soit dans les silences, les non-dits ou les absences. Son dernier roman Le dernier gardien d’Ellis Island, sous couvert historique, tisse une histoire profonde de renoncement et d’amour (de son travail, de son pays et d’une femme). J’ai aussi beaucoup aimé Nos vies désacordées, L’ombre de nos nuits ou encore Un été à quatre mains. Retrouvez quelques-un de ses secrets en cliquant ici. En janvier vous pourrez découvrir un nouvel opus : « Une longue impatience ».

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