Violaine Huisman : « Fugitive parce que reine »

Violaine Huisman a le gout des mots, c’est évident. Dans son premier roman, chacun est à sa juste place. Il n’y en a pas un de trop. Avec une plume virevoltante et rigoureuse, elle entraîne le lecteur au cœur d’une histoire d’amour particulière entre une mère et ses filles et brosse le portrait de trois générations de femmes libres, imparfaites et heureuses.

Ce roman d’une grande sensibilité mais sans mièvrerie pose la douce et douloureuse question du poids des souvenirs et de l’avenir. Comment fait-on pour grandir quand on a une maman peu ordinaire ? Est-on plus libre ?

Violaine Huisman décortique en trois tableaux une histoire d’inspiration familiale forte et émouvante. Si la sororité est aussi auscultée, c’est la bien relation mère-fille qui est au coeur de ce roman. Et quelle mère ! Catherine est une femme qui s’imagine libre et tente finalement de l’être tout au long de sa vie. Le prix à payer est fort mais la vie complètement  incroyable de cette femme en lutte avec ses démons intimes ouvre tellement de perspectives que le lecteur assiste avec bonheur et parfois ahurissement au combat d’une vie.

« Maman avait réussi à survivre grâce nous, disait elle, grâce à ses filles, pour tenir son rôle de mère. »

Le portrait resplendissant d’une mère par sa fille qu’est ce roman se révèle être un magnifique témoignage d’amour et un objet littéraire abouti. Il me tarde de lire le prochain roman de Violaine Huisman.

Présentation de l'éditeur : " « Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l’alcool à 90 °, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l’éther, dans ce flacon d’un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu.» Ce premier roman raconte l’amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l’écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté."

Violaine Huisman, Fugitive parce que reine, Gallimard, janvier 2018, 256 pages, 19 euros

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3 commentaires sur « Violaine Huisman : « Fugitive parce que reine » »

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