Frédéric Aribit : « Le mal des ardents »

L’amour fou ? Qui n’a pas rêvé un jour d’une rencontre aussi brûlante qu’intrigante, aux lisières de la folie ? Avec virtuosité et chic, Frédéric Aribit nous entraine dans une danse enivrante où art et vie s’entremêlent avec furie et passion.

Frédéric Aribit n’en est pas à son coup d’essai, son premier roman « Trois langues dans ma bouche » déjà éminemment poétique encapsulait le lecteur dans une réflexion sur la langue. Ici, il est question d’art, de modalité d’expression et d’amour dévorant.

« On ne peut pas se contenter de consommer le monde, il faut s’en emparer à bras-le-corps, le laisser venir en vous, le laisser vous pénétrer de partout et puis suer, suer le monde pour le créer, le recréer en permanence, l’inventer au-dessus de que nous sommes, au -dessus de ce qu’il est lui-même. C’est la seule chance que nous avons de ne pas renoncer et d’exister encore, d’exister vraiment. »

La musique et les mots tiennent une place importante dans le roman. Le narrateur et Lou en sont les personnages principaux, incarnés, authentiques, écorchés.  La scène de première rencontre est émouvante, surnaturelle dans un métro bondé et joue avec les codes du genre. Le texte qui est très bien construit permet une montée en puissance symbolique et émotionnelle.

L’originalité de ce roman provient de la mise en parallèle de la passion amoureuse et de la maladie de l’ergot de seigle. L’auteur conte et raconte, mêle présent et passé, émotions littéraires et passages plus doctes avec style et panache. J’aimé l’érudition discrète et ce regard enflammé sur des êtres exceptionnels vibrants du feu sacré de la création (qu’il soit artificiel ou primaire).

Un roman original avec du style qui laisse cette impression tenace que la vie doit se vivre à 100%.

Présentation de l'éditeur :"Entretenir le feu sacré sous peine d'être enterré vivant.  On ne rencontre pas l’art personnifié tous les jours.
 Elle est violoncelliste, elle dessine, elle peint, fait de la photo. Elle s’appelle Lou. Lorsqu’il tombe sur elle, par hasard, à Paris, c’est sa vie entière de prof de lettres désenchanté qui bascule et, subjugué par ses errances, ses fulgurances, il se lance à la poursuite de ce qu’elle incarne, comme une incandescence portée à ses limites.
 Mais le merveilleux devient étrange, et l’étrange inquiétant : Lou ne dort plus, se gratte beaucoup, semble en proie à de brusques accès de folie. Un soir, prise de convulsions terribles, elle est conduite à l’hôpital où elle plonge dans un incompréhensible coma. Le diagnostic, sidérant, mène à la boulangerie où elle achète son pain.
 Quel est donc ce mystérieux « mal des ardents » qu’on croyait disparu ? Quel est ce « feu sacré » qui consume l’être dans une urgence absolue ?
 Il va l’apprendre par contagion. Apprendre enfin, grâce à Lou, ce qu’est cette fièvre qui ne cesse de brûler, et qui s’appelle l’art."

Frédéric Aribit, Le mal des ardents, Belfond, août 2017, 240 pages, 18 euros

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