Agnès Martin-Lugand : « A la lumière du petit matin »

Agnès Martin-Lugand revient avec un 6e roman dans la droite lignée de ses précédents. L’auteure aux portraits de femme aux questions existentielles installe en quelques lignes une jolie histoire pleine de bons sentiments et à la simplicité trompeuse.

Dans ce roman, tout est remis en question. C’est l’heure des changements, de l’acception de soi et de la prise de conscience aiguë de ce que l’on veut.
Agnès Martin-Lugand nous raconte une histoire où l’on se glisse avec plaisir aux cotés d’Hortense, presque quarante ans, professeur de danse et maîtresse d’un (exécrable) homme marié. Le roman écrit à la première personne du singulier permet d’entendre la voix si palpable de l’héroïne : ses doutes, ses renoncements, ses folies, ses joies et ses déceptions.

J’ai aimé les pages consacrées aux parents avant leur disparition, j’ai eu l’impression de lire la lettre d’une jeune femme (l’auteure ?) à ses parents pour leur crier son amour.

« Ils m’avaient tout offert pour que je puisse me lancer dans la vie sur de bons rails. J’avais le sentiment d’avoir grandi dans la maison du bonheur, où mes amis étaient toujours accueillis à bras ouverts. Grâce à mes parents, à la liberté de penser qu’ils m’avaient accordée, j’avais pu me chercher, me trouver et me permettre de découvrir celle que je voulais devenir. Et puis, un jour ils avaient appris qu’une saloperie rongeait les neurones de maman les uns après les autres. Bientôt elle ne se souviendrait de personne, pas même de qui elle était. Bien sûr, pour me protéger, ils me l’avaient caché, se transformant en de merveilleux acteurs. Maman avait toujours été tête en l’air et, avec papa qui veillait au grain dès que je leur rendais visite, je n’avais rien vu venir. »

La danse et la musique sont deux éléments essentiels de ce roman où les sentiments les plus difficiles à exprimer transparaîtront dans le dépassement du corps et le choix de la bande son (vous retrouvez la play-list ici). Le corps sera omniprésent, de sa rupture à sa réparation, métaphore du mental d’Hortense.

« De toute ma vie, je n’avais jamais imaginé que je ne pourrais plus danser. Inconcevable. Me retirer la danse, c’était me retirer de moi-même. Aspirer de mon corps ma substance, la raison même de mon existence. Sans la danse, j’étais une coquille vide. »

D’apparence simple, ce roman fourmille de petites choses qui restent ancrées après la lecture et viennent bousculer, éclairer notre propre rapport à l’existence.

C’est un magnifique livre sur la résilience et le courage d’être soi. A conseiller en cas de coup dur à une personne qui a besoin d’être réconfortée !

Présentation de l'éditeur : "À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter jusqu’au jour où le destin la fait trébucher. Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ? Peut-on être heureux quand on se ment à soi-même ?"

Agnès Martin-Lugand, A la lumière du petit matin, Michel Lafon, mars 2018, 332 pages, 18,95 euros

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