Vanessa Schneider : « Tu t’appelais Maria Schneider » #RL2018

Au centre de ce roman, la question de l’image : fantasmée, rêvée, travestie, dégradée. C’est aussi l’histoire d’un regard celui d’une cousine sur son aînée, des hommes sur les femmes, et une analyse du temps qui passe sur une blessure indélébile.

Vanessa Schneider choisit de nous raconter sa Maria. Tout au long du roman, on croise les souvenirs d’une enfant entre crainte et fascination, les analyses d’une adulte et les investigations d’une journaliste. Ce portrait kaléidoscopique se révèle bouleversant, fort et solaire. Il parle aussi de l’auteure, elle-même qui évolue dans une famille hors-norme et à l’héritage très lourd.

« Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c’est le récit que tu aurais voulu, mais c’est le roman que j’ai voulu écrire. »

Les descriptions du milieu du cinéma apportent un éclairage cru  sur les agissements de l’ombre. Bien qu’elles datent des années 70 et 80, elles entrent en résonance avec la mouvance #metoo et ces révélations terrifiantes d’actrices abusées par les hommes du pouvoir de l’image.

Abîmée par les hommes, de leurs lâchetés à leur misogynie, par le spectre de « Dernier tango à Paris », Maria Schneider devient le symbole sombre malgré elle de la libération sexuelle des années 70.

Chronique des années 70, biographie, autobiographie, ce roman inclassable laisse une trace durable et questionne sur la place de la femme dans le monde.

Présentation de l'éditeur : " « Tu étais libre et sauvage. D’une beauté à couper le souffle. Tu n’étais plus une enfant, pas encore une adulte quand tu enflammas la pellicule du Dernier Tango à Paris, un huis clos de sexe et de violence avec Marlon Brando.
Tu étais ma cousine. J’étais une petite fille et tu étais célèbre. Tu avais eu plusieurs vies déjà et de premières fêlures. Tu avais quitté ta mère à quinze ans pour venir vivre chez mes parents. Ce Tango marquait le début d’une grande carrière, voulais-tu croire. Il fut le linceul de tes rêves. Tu n’étais préparée à rien, ni à la gloire, ni au scandale. Tu as continué à tourner, mais la douleur s’est installée.
Cette histoire, nous nous étions dit que nous l’écririons ensemble. Tu es partie et je m’y suis attelée seule, avec mes souvenirs, mes songes et les traces que tu as laissées derrière toi. Ce livre parle beaucoup de toi et un peu de moi. De cinéma, de politique, des années soixante-dix, de notre famille de fous, de drogue et de suicide, de fêtes et de rires éclatants aussi. Il nous embarque à Londres, à Paris, en Californie, à New York et au Brésil. On y croise les nôtres et ceux qui ont compté, Alain Delon, Brigitte Bardot, Patti Smith, Marlon Brandon, Nan Goldin…
Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c’est le récit que tu aurais souhaité, mais c’est le roman que j’ai voulu écrire »."

Vanessa Schneider, Tu t’appelais Maria Schneider, Grasset, août 2018, 256 pages, 19 euros

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