Leonora Miano : « Rouge impératrice » #RL2019

En 2124, à Katiopa, Boya rencontre Ilunga, ou peut être l’inverse. De leur rencontre va naître une passion, l’alliance du rouge et du bleu, du monde des idées et du monde la politique. Dans ce nouveau livre, Leonora Miano interroge les comportements de notre société actuelle en repli sur elle-même et aux ambitions humanistes moindres en évoquant un futur aux puissances renversées.

C’est en effet, dans une Afrique unifiée et puissante, recueillant les fulasi (français) venant de Pongo (l’Europe) vaincu) qu’elle convoque ses thèmes de prédilection : la transmission, les traditions, la liberté.

Je n’avais rien lu de Leonora Miano, jusqu’à ce que je tombe sur ce « Rouge impératrice »qui m’a tant bouleversée à sa lecture cet été. J’ai du le laisser infuser un peu, que les innombrables pistes narratives décantent lentement pour laisser apparaître ce qui m’a tant surprise.

Avant tout, il y a un style, un savant mélange d’une langue ultra soignée aux vocables des plusieurs langues africaines qui résonnent comme des formules magiques et invitent à la fois au lâcher-prise sémantique mais qui ouvrent aussi la voie à la découverte d’une musicalité originale qui balaie tous nos réflexes de lecteur. Pour les anxieux, il existe un glossaire à la fin pour faciliter la lecture.

Roman inclassable, magnétique et puissant, « Rouge impératrice » est mon grand coup de cœur de cette rentrée. Une réflexion sur le pouvoir et la place de l’amour dans le cœur des hommes et des femmes. Un conte symbolique sur l’alliance du bleu et du rouge, les migrations et les choix, intimes ou publics pour redessiner un monde où tout serait possible du vivre ensemble, à la transmission intergénérationnelle, comme autant de promesses d’un futur meilleur.

« Etre ensemble les amènerait à résider dans un au-delà. »

Un très grand coup de coeur.

Présentation de l'éditeur : "Le lieu  : Katiopa, un continent africain prospère et autarcique, presque entièrement unifié, comme de futurs Etats-Unis d’Afrique, où les Sinistrés de la vieille Europe sont venus trouver refuge.
L’époque  : un peu plus d’un siècle après le nôtre.
Tout commence par une histoire d’amour entre Boya, qui enseigne à l’université, et Illunga, le chef de l’Etat.
Une histoire interdite, contre-nature, et qui menace de devenir une affaire d’Etat.
Car Boya s’est rapprochée, par ses recherches,   des Fulasi, descendants d’immigrés français qui avaient quitté leur pays au cours du XXIème siècle, s’estimant envahis par les migrants. Afin de préserver leur identité européenne, certains s’étaient dirigés vers le pré carré subsaharien où l’on parlait leur langue, où ils étaient encore révérés et où ils pouvaient vivre entre eux. Mais leur descendance ne jouit plus de son pouvoir d’antan  : appauvrie et dépassée, elle s’est repliée sur son identité.
Le chef de l’Etat, comme son Ministre de l’intérieur et de la défense, sont partisans d’expulser ces population inassimilables, auxquelles Boya préconise de tendre la main.
La rouge impératrice, ayant ravi le cœur de celui qui fut un des acteurs les plus éminents de la libération, va-t-elle en plus désarmer sa main  ?
Pour les «  durs  » du régime, il faut à tout prix séparer ce couple…"

Leonora Miano, Rouge impératrice, Grasset, août 2019, 608 pages, 24 euros

5 commentaires sur « Leonora Miano : « Rouge impératrice » #RL2019 »

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