Sylvain Tesson : « La panthère des neiges » #prixrenaudot

Tout fraichement auréolé du Prix Renaudot, je ne peux que me réjouir pour ce livre qui m’a tant marquée. Sylvain Tesson, voyageur infatigable, poète de la nature nous emmène cette fois à la recherche de la panthère des neiges aux confins du Tibet. C’est percutant de beauté, de symbolisme et d’envie d’ailleurs.

Le livre est le récit de cette expédition en terre inconnue, balayée par les vents, brulée par les UV et glacée par les températures flirtant avec les -40°. L’auteur y parle de ces jours passés à attendre. Sylvain Tesson invite le lecteur à changer de rythme, à s’émerveiller, à entre apercevoir la lumière de la beauté de la nature. Il accompagne Vincent Munier, célèbre photographe animal dont le livre « Tiber minéral animal » retrace en photographies et avec ses poèmes cet incroyable voyage à la rencontre de soi.

« Le soleil transmutait la poussière en sillage d’or qui retombait en filet rouge. Les pelages vibraient dans la lumière, donnant l’illusion d’une vapeur. Munier, adorateur du soleil, se débrouillait toujours pour se poste dans les contre-jours. »

Pour espère surprendre la panthère, il a fallu apprendre à tenir un affût. Le prince de chats, raconte son apprentissage et dégage très vite tout le bénéfice de cette posture. L’affût  est une mise en discrétion de soi dans un milieu sauvage. Il offre ainsi la possibilité de ralentir, d’observer l’invisible, de se laisser envahir par la beauté du monde. L’auteur en parle avec respect, et s’il évoque volontiers l’apparition de la panthère avec un vocabulaire religieux, mystique, il met également en lumière l’incroyable bouleversement de ce temps d’attente sur la posture même de l’homme dans son rapport au monde.

« J’ai appris que la patience était une vertu suprême, la plus élégante et la plus oubliée. Elle aidait à aimer le monde avant de prétendre le transformer. Elle invitait à s’asseoir devant la scène, à jouir du spectacle, fût-il un frémissement de feuille. La patience était la révérence de l’homme à ce qui était donné. »

Ce livre est une invitation à ralentir, à observer et à appendre à vivre le temps présent. En partant d’une expérience personnelle aux confins du Tibet, Sylvain Tesson nous parle de nous, de cette société déconnectée de la nature et ultra connectée tout court. C’est d’une beauté sans nom. Le style est brillant, le contenu érudit comme à chaque fois et les métaphores toujours à la recherche d’une autre voix.

Véritable hommage à l’invisible et au sensible, il faut absolument lire et offrir ce roman à ceux que vous aimez.

Présentation de l'éditeur: "«– Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J'y retourne cet hiver, je t'emmène. 
– Qui est-ce ? 
– La panthère des neiges. Une ombre magique! 
– Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je. 
– C'est ce qu'elle fait croire.»"
Sylvain Tesson, La panthère des neiges, Gallimard, octobre 2019, 176 pages, 18 euros

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