Maud Simonnot : « L’enfant céleste » #RL2020

« (…) face aux courants marins et aux vents, tant qu’on lutte contre on n’avance pas, alors que si on les utilise on peut aller où on veut. »

Maud Simonnot invite son lecteur à porter son regard haut, haut vers les étoiles, le nez chatouillé par les odeurs de forêt et de secrets. Histoire d’une renaissance et d’une acceptation de soi, ce roman cueille par sa douceur et son érudition délicate.

J’ai été touchée par ce roman aux personnages écorchés, vibrants d’une énergie vitale sauvage. La vie est faite d’accidents, du sentiment de différence. Célian est un petit garçon, la tête dans les étoiles, en défaut avec la réalité normée de l’école, de l’apprentissage. Il est fasciné par un astronome Tycho Brahé. L’évocation de son destin particulier entre en résonance avec les défis intimes de Mary et Célian. Cela apporte une dimension universelle au roman.

« Célian, allongé sur le dos à côté de moi, semble absorbé par la Voie lactée. J’évoque ces mondes flottants qui gravitent en silence, le mouvement à la fois apparent et inimaginable de cette nuit infinie, son architecture secrète et ces astres morts dont la brillance nous éblouit encore. Il me répond que ce qui le fascine le plus ce ne sont pas les étoiles scintillantes mais le noir entre les lumières. »

Sa mère, Mary tente de se reconstruire après une rupture amoureuse. Et c’est à la faveur d’un voyage en Suède, sur l’île de Ven que les retrouvailles avec elle-même auront lieu. Sa logeuse, un vieux professeur et un homme blessé graviteront autour du duo fusionnel qu’elle forme avec son fils. La nature sauvage est omniprésente et apporte un souffle, une note de sérénité très agréable à l’ensemble.

« En l’accompagnant dans ce jardin qu’elle créé par tous les temps, je songe que la vitalité organique des plantes doit être un remède à la mélancolie. Se fondre dans la simplicité d’un jardin, retrouver chaque jour cette nature généreuse, est peut-être une façon de consentir encore au monde. »

Roman d’une grande douceur aux phrases ciselées et brèves, imagées, on passe un moment suspendu.

Retrouvez une interview de Maud Simonnot pour le blog en cliquant ici.

Je souhaite un très beau destin à ce roman intimiste.

Présentation de l'éditeur : "Sensible, rêveur, Célian ne s'épanouit pas à l'école. Sa mère Mary, à la suite d’une rupture amoureuse, décide de partir avec lui dans une île légendaire de la mer Baltique. C'est là en effet qu'à la Renaissance, Tycho Brahe – astronome dont l'étrange destinée aurait inspiré Hamlet – imagina un observatoire prodigieux depuis lequel il redessina entièrement la carte du Ciel. En parcourant les forêts et les rivages de cette île préservée où seuls le soleil et la lune semblent diviser le temps, Mary et Célian découvrent un monde sauvage au contact duquel s'effacent peu à peu leurs blessures. Porté par une écriture délicate, sensuelle, ce premier roman est une ode à la beauté du cosmos et de la nature. L'Enfant céleste évoque aussi la tendresse inconditionnelle d'une mère pour son fils, personnage d'une grande pureté qui donne toute sa lumière au roman."

Maud Simonnot, L’enfant céleste, L’Observatoire, aout 2020, pages, 17 euros

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