Anaïs Llobet : « Les mains lâchées »

Les Mains Lachees

Présentation de l'éditeur : "Une vague monstrueuse, soulevée par un typhon meurtrier, dévaste 
les Philippines en quelques minutes et ravage sa myriade d’îles.
Sur l’une d’elles, Madel reprend connaissance, seule au milieu du chaos. Jan, l’homme qu’elle 
aime, a disparu. Et elle a lâché la main de l’enfant qu’il lui avait confié.
Au prix d’une difficile anesthésie des sentiments, la jeune journaliste se plonge dans son 
travail, en équilibre entre information et voyeurisme, quand tous les médias du monde se tournent 
vers les Philippines.
Recueillir la parole survivante, nouer des liens avec les rescapés, c’est conjurer la mort. 
Mais un typhon de cette violence ne laisse jamais en paix ceux qu’il a épargnés."

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Anaïs LLobet est journaliste pour l’AFP. Elle a parcouru le monde et vit actuellement à Moscou. Son premier roman Les mains lâchées se déroule aux Philippines, bien loin d’une ambiance de carte de postale.

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Alexandra Fritz : « Branques »

Branques

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Présentation de l'éditeur : "Voici la chronique de deux filles et deux garçons internés dans 
un hôpital psychiatrique. Jeanne, qui y tient son journal, tente de comprendre son basculement 
dans « l’anormal » et de disséquer à vif les raisons de son amputation de liberté. Rageuse, 
pugnace, elle a pour compagnons de « branquerie », comme elle dit, Tête d’Ail, Isis et Frisco. 
L’un obsédé sexuel, l’autre pédante philosophe, tous transpercés par le désir amoureux autant 
que par la solitude, par des idéaux de justice comme par  des pulsions suicidaires. A très 
exactement parler, ils en bavent. Avalant des gouttes et digérant des cachets, ils refusent 
d’être assimilés à une faune hallucinée souvent obèse et déprimante, où les médecins ne sont 
pas les moins dérangés de tous. Comment ne pas crever de tristesse et de rage ? Dans un 
quotidien absurde, le sarcasme cautérise les plaies. Que va-t-il arriver à ces quatre 
personnages dérisoires comme l’humain, attachants comme la faute ? Un premier roman pareil à 
un rire dans la nuit."

Alexandra Fritz signe un premier roman original et dur. Compilation de plusieurs journaux intimes de différents personnages, il offre des points de vue et des styles différents ce qui donne à voir tout le talent de l’auteure. Lire la suite de « Alexandra Fritz : « Branques » »

Rachel Khan : « Les grandes et les petites choses »

les petites et les grandes choses

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Présentation de l'éditeur : "Nina Gary a 18 ans ; alors qu’elle tente de devenir une femme, elle réalise que quelque chose cloche. Entre son père gambien qui marche comme un tam-tam, son grand-père à l’accent de Popek qui boit de la vodka, entre le trop d’amour de sa mère cachée pendant la guerre, le rejet de la fac et la violence de la  rue, elle est perdue. Noire, juive, musulmane, blanche et animiste, elle en a gros sur le cœur d’être prise pour une autre, coincée dans des cases exotiques où elle ne se reconnaît pas. Alors, elle court.  
C’est la solution qu’elle a trouvée pour échapper aux injustices et fuir les a priori d’une société trop divisée pour sa construction intime. Elle fait le choix de  la vitesse pour se prouver qu’elle a un corps bien à elle et se libérer de l’histoire de ses ancêtres, trop lourde pour ses épaules. Un mouvement permanent pour s'oublier, et tout oublier de la Shoah, de l’esclavage, de la colonisation et de la reine d’Angleterre. Courir pour se perdre, s’évader, se tromper, être trompée, se blesser, se relever peut-être. Ne plus croire en rien, seulement au chronomètre et en l’avenir des 12 secondes qui vont suivre. Sentir ses muscles, pour vivre enfin l’égalité – tous égaux devant un 100 mètres, à poil face au temps. Entre les grandes et les petites choses,  c’est l’histoire de Nina Gary, une jeune fille qui court pour devenir enfin elle-même."

Nina Gary est sans aucun doute le double littéraire de Rachel Khan. Ce premier roman raconte en filigrane ses origines et sa quête identitaire. Il est vif comme un sprint et réfléchit comme les hautes études qu’entreprend la jeune narratrice. Les racines de Nina sont autant de prétextes légitimes à explorer la géopolitique et les spécialités culinaires mais aussi et surtout une manière subtile d’interroger son futur.

« Mon père est né dans la brousse, et ça aussi je l’ai découvert seule : pas d’eau, pas d’électricité, rien. Il est né au XVIIIe siècle et avec son bateau il est arrivé au XXe siècle. Il est parti avec son silence, pour s’installer là où personne ne l’attendait. »

Rachel Kahn signe un roman touchant qui pointe toute la difficulté d’être soi lorsque l’on est issu d’un brassage multi ethnique fort. Pas assez blanche pour être légitime dans sa classe de droit, pas assez noire pour être acceptée comme sprinteuse. A l’âge des premiers émois, est-il possible de séduire quand on ne sait pas encore tout à fait qui l’on est ?

« C’est fou comme une petite histoire qui n’est pas dans les livres peut remonter à la surface. Je suis tendue et paumée. Le poids de mes faiblesses m’attire vers le fond. Mon sang mêlé navigue sur des côtes perdues. Un voyage low cost vers des holocaustes personnels, des marteaux voleurs de pudeur. »

J’ai aimé le style concis et poétique et le rythme enlevé. Un roman à la lecture facile mais néanmoins riche de nuances et de silences que seule une lecture approfondie et patiente pourra révéler.

Rachel Khan, Les grandes et les petites choses, Anne Carriere, février 2016, 250 pages, 18 euros

Roselyne Madelénat : « Je n’ai jamais eu de petite robe noire »

je n'ai jamais eu de petite robe noire

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Présentation de l'éditeur : "Florence est journaliste dans la presse féminine et mène une vie sentimentale décousue. Depuis sa jeunesse, elle a rompu avec sa famille. Lors de l’enterrement de sa mère, Florence renoue avec son père qu’elle ne voyait plus. Ensemble, ils tissent un lien un peu fou, étrange, osent enfin s’aimer et se le dire. Et ce sentiment bouleverse la narratrice : ne détestait-elle pas son père jusqu’à présent ? Et lui, ne l’ignorait-il pas ? Que se passe-t-il ? La mort de sa mère ne se contente pas de mettre à nu des sentiments enfouis, elle ouvre aussi la boîte de Pandore sur un secret de famille datant de 1943. Un secret aussi incroyable qu’effroyable et dont son père est le seul à détenir la clé. Et qu’en est -il de la petite robe noire ? Pourquoi Florence n’en a-t-elle jamais portée ? C’est que les petites robes noires ont elles aussi leur secret… Un texte poignant, haletant dans les méandres troubles de la mémoire…

Roselyne Madelénat est journaliste, elle publie un premier roman où les secrets de famille se mêlent à une quête identitaire vitale.

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Emmanuel Régniez : « Notre château »

Notre château

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Présentation de l'éditeur : "Un frère et une soeur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de l’une ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa soeur dans un bus de la ligne 39. C’est inexplicable, il ne peut se l’expliquer. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer."

Emmanuel Régniez signe un premier roman très particulier. Chaque phrase est stylisée au maximum et les répétitions de mots, lancinantes ou déconcertantes suivant votre capacité d’adaptation, vous feront entrer sur la pointe des pieds dans un monde mystérieux.

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Marc Trévidic : « Ahlam »

ahlam

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Présentation de l'éditeur : "Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre 
français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit 
paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans 
« la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de 
Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses 
enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. 
Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : 
une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous 
les arts. Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à 
l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement 
entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer."

Marc Trévidic s’est surtout illustré dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Il signe un premier roman sur les racines de la radicalisation avec beaucoup de finesse tant stylistique que psychologique. Lire la suite de « Marc Trévidic : « Ahlam » »