Nouveau booktube spécial été pour les médiathèques de Strasbourg

Avec joie j’ai retrouvé le chemin du bootkube pour les médiathèques de Strasbourg. Epaulée par Sylvie L. et Claire Robert à la technique et aux conseils ô combien précieux, voici une sélection de 6 livres pour rendre votre été inoubliable !

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Delphine Bertholon : « Cœur-naufrage »

Delphine Bertholon est une talentueuse auteure qui trace une très belle route aux lisières de l’émotion, de la prise de conscience collective et la réconciliation avec soi.
Dans ses romans, être soi n’est jamais simple. Dans Grâce, c’est le poids des ans et l’insolence de la jeunesse qui sont le meurtrier d’une famille sans histoire. Dans Le soleil à mes pieds, c’est le destin de deux sœurs au bouleversant secret. Dans Les corps inutiles, c’est le poids du silence qui a eu raison d’une jeune fille.

Ici, avec Coeur-naufrage, Delphine  Bertholon détricote une vie faite de choix, de renoncements et de rêves enfouis.

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Des femmes à la (h)auteur

En cette journée de lutte pour les droits de la femme, il est important pour moi de mettre en lumière des plumes, des personnalités, des univers féminins : un questionnement sur la femme, son corps, ses convictions et sa lutte pour les libertés.

A découvrir sans plus tarder 12 auteures !

(Si vous cliquez sur leur nom, vous accéderez à une interview « Chut c’est un secret », si vous cliquez sur le titre, vous accéderez à la chronique du livre)

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Citation de la semaine

La citation de la semaine

« Je ne te juge pas, je ne sais pas si ça aurait changé quelque chose, si j’avais su avant. On construit des ponts sur ses failles, c’est la vie. La faille aurait été ailleurs, la géographie différente; mais au fond, il aurait bien fallu construire le pont quand même. »

Delphine Berhtolon in « Grâce »

« Temps livre » ou les romans de votre été

été 2015

Voilà, c’est l’été! L’été tant attendu synonyme de vacances, de « temps livre ».
Souvent c’est le manque de place dans vos valises qui influence le choix du volume, par sa taille et son poids.

Voici une sélection de livres légers en poids mais gonflés en émotions!

Bel été !

  • Thomas B. Reverdy, Les évaporés, Livre de poche, 2015

→ Pour voyager sur votre serviette
Un roman entre Japon et Etats-Unis qui aborde un phénomène de société dramatique au pays du soleil levant : la disparition volontaire d’adultes.

  • David Foenkinos, La délicatesse, Folio, 2010

→ Pour séduire sans en avoir l’air
Une Nathalie rencontre un François; ils s’aiment; il meurt; elle est triste; son patron la drague avec lourdeur; c’est un Markus qui emporte la mise; mais Markus est laid et c’est un problème pour les autres. Nathalie, elle, est sous le charme de sa délicatesse. Drôle et profond.

  • Yves Grevet, La maison (t1 Méto), Pocket jeunesse, 2013

→ A piquer à ses enfants
Saga en 3 tomes. Une dystopie incroyable où plus que jamais la liberté est au cœur des enjeux.

  • Delphine Bertholon, Grâce, Le livre de poche, 2013

→ Pour ne pas prendre de baby-sitter
Diablement bien construit un roman mi-polar, mi-psychologique où les secrets de famille éclatent avec fantômes et fracas. Le passé finit-il toujours par nous rattraper?

  • Grégoire Delacourt, La liste de mes envies, Le livre de poche, 2013

→ A prêter à sa belle-mère
Argent, rêves et bonheur font-ils bon ménage ? Une fable douce amère pour se recentrer sur l’essentiel.

  • Serge Joncour, U.V., Folio, 2007

→ Pour profiter du soleil
Serge Joncour manie les ficelles d’un huis clos et fait monter la tension au fil des pages. Le soleil va-t-il révéler la vraie nature de Boris aux riches habitants de cette villa avec vue sur mer ?

  • 13 à table, Pocket, 2014

→ A lire par petits bouts
Treize nouvelles autour de la thématique du repas pour Les restau du Cœur. Rassemblant de jolies plumes ce recueil est riche grâce à la diversité de nouvelles qu’il propose allant du drame, au fantastique en passant par le feel’s good book.

  • Haruki Murakami, Kafka sur le rivage, 10/18, 2009

→ Pour s’évader
Construit comme un miroir entre deux destins, ce roman d’initiation mêle traditions occidentales et sagesse de l’empire de soleil levant. Une expérience de lecture dont vous sortirez changé, plus sage ou plus audacieux.

  • Michel Bussi, N’oublier jamais, Pocket, 2015

→ Pour réveiller le détective qui sommeille en vous
Avec pour décor d’incroyables falaises, ce roman policier vous emmène aux confins de la vérité et de la manipulation. Une énigme haletante pour un drame original.

  • Romain Puértolas, L’incroyable voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA », Le livre de poche, 2015

→ Pour rire
Un roman complètement déjanté, léger et vif, avec un fakir dont le péripéties rocambolesques vous donneront envie de tourner les pages.

  • Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, Folio, 2015

→ Pour pleurer
24H de la vie d’un cœur. Un roman poignant et fort sur la mort mais aussi la vie.

  • Benjamin Constant, Adolphe, Pocket, 1998

→ Pour réviser ses classiques
Roman de l’amour romantique par excellence, « Adolphe » vous entraîne au plus profond des sentiments et de l’humain.

  • Muriel Barbery, Une gourmandise, Folio, 2002

→ A dévorer
Un ancien critique gastronome au seuil de la fin de sa vie nous confie ses petites épiphanies gourmandes. Plaisir des sens et du ventre comme autant de petites pépites à déguster!

  • Harold Cobert, Le rendez-vous manqué de Marie-Antoinette, Le livre de poche, 2012

→ Pour changer d’époque
Un rendez-vous secret pour changer le cours de l’histoire. Une écriture classique et prenante fait de ce roman un agréable moment de lecture au cœur de la monarchie.

  • Yannick Grannec, La déesse des petites victoires, Pocket, 2014

→ Pour se cultiver
Une plongée dans les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle. Menée comme une enquête par une jeune documentaliste qui rencontre la veuve du grand homme, un roman passionnant de la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire.

  • Sophie Adriansen, Max et les poissons, Nathan poche, 2015

→ Pour échanger en famille
L’histoire se déroule en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Max est un enfant comme les autres, il a des rêves pleins la tête et ne veut que passer son temps à rire, jouer et s’amuser. Mais voilà, ce petit garçon est juif et doit porter une étoile. Un livre très adapté pour aborder la seconde guerre mondiale, les camps en France et le travail des Justes pour les enfants à partir de 9 ans.

Chut c’est un secret avec Delphine Bertholon

secrets d'écrivains par bénédicte junger

Delphine Bertholon est une jeune auteure qui publie sur l’intime et ses bouleversements intérieurs. En 7 romans, elle s’impose avec une plume sensible, des descriptions profondes et dynamiques, et une tension grandissante avec le récit qui me fait penser à Laura Kasichke. A la rentrée d’hiver de cette année, elle a publié un roman bouleversant : Les corps inutiles. J’ai rencontré et interviewé Delphine à l’occasion de la sortie de son roman Grâce, en mars 2013, à la médiathèque de la Robertsau. Merci à elle d’avoir répondu avec enthousiasme à mes questions!

delphine bertholon

1. Comment êtes-vous venue à l’écriture? D’où vous en vient l’envie?

J’ai l’impression d’avoir toujours écrit. Même quand j’étais petite, je rédigeais des poèmes pour l’anniversaire de mes parents, des histoires pour les bibliothécaires de mon quartier, je passais plus de temps sur les rédactions que sur l’ensemble de mes devoirs. Dès le CP, il était évident que j’étais une « fille des mots », et pas une « fille des chiffres ». Très secrète, j’ai beaucoup de mal à exprimer mes émotions. Je suis plutôt sociable – voire trop spontanée – mais je ne sais pas parler de moi, j’ai un problème avec le « dire » dès qu’il devient intime. C’est sans doute la raison pour laquelle, dans la vie, je tourne tout à la rigolade… Une forme de pudeur, j’imagine. Il y a eu, je crois, ces désirs simultanés d’exprimer par l’écrit ce que je ne savais pas transmettre autrement, et un goût immédiat pour les livres, les images, la fiction. J’ai toujours beaucoup vécu dans l’imaginaire et, bizarrement, ça ne s’arrange pas avec l’âge.

Bien sûr, écrire un texte qui valait la peine d’être lu par autrui a pris beaucoup de temps. Mais il y a quelque chose de très joyeusement viscéral dans mon désir d’écrire – et les viscères m’ont rendue persévérante, malgré les doutes, les déceptions et les galères.

2. Quel est votre plus beau souvenir d’auteur?

Il y en a beaucoup – et ils sont tous, pour moi, liés aux lecteurs. J’ai une pensée particulière pour une jeune fille qui, à propos de « L’effet Larsen », m’a raconté que ce livre lui avait permis de recommencer à vivre. J’ai des retours très émouvants sur « Les corps inutiles », des rencontres et des messages m’exprimant une forme de gratitude. Certaines femmes me disent que ce livre les a forcées à avancer, à dépasser leur passé ou, au contraire, à prendre des décisions dont elles ne se sentaient pas capables. Des hommes, aussi, qui avouent avoir compris quelque chose de leur violence irréfléchie, inconsciente. Mon « plus beau souvenir d’auteur », c’est précisément de laisser des souvenirs. Si ce que j’écris peut changer la vie d’une seule personne, ça justifie pour moi tous les sacrifices du monde. Transmettre est extraordinaire.

3. Que pensez-vous de cette citation de Fernando Pessoa « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas »?

J’y suis sensible. Tant comme lectrice que comme écrivain. J’ai du mal à vivre avec la seule réalité ; c’est l’une des raisons pour lesquelles j’écris. Mais cette phrase, au fond, me touche davantage en tant que lectrice. La littérature, c’est l’ouverture sur des mondes qu’on ne connaît pas, des situations qu’on n’éprouvera jamais, des maisons que nous n’habiterons pas, des époques vers lesquelles il est impossible de retourner, des existences parallèles. La littérature, c’est mille vies en une seule. Parfois miroir, jouissivement intact ; parfois déformant. A l’opposé, la littérature, c’est aussi l’Ailleurs – horizon, escale, perdition. En lisant, j’aime autant me reconnaître que me perdre. Ce qui est fort dans cette phrase de Pessoa, ce n’est pas tant l’idée, contestable, que la vie ne suffit pas ; mais plutôt celle, sous-jacente, que la vie peut être encore plus grande, plus riche, plus intelligente, plus intelligible… Plus vivante, en fait. Que la littérature permet aussi, souvent, d’éclairer notre vie quotidienne d’une lumière originale, et infiniment salutaire.

4. Quel livre aimez-vous offrir?

Ça change sans arrêt ! Je choisis les livres en fonction de mes coups de cœur du moment. Ces derniers temps, j’offre beaucoup « Les insoumises » de Célia Levi, qui m’a bouleversée et que j’ai envie de faire découvrir à des gens que ce texte devrait toucher aussi. J’ai récemment offert « La part des flammes » de Gaëlle Nohant à ma meilleure amie, historienne de formation. J’aime traîner dans les librairies, adapter mon choix à la personnalité des gens : du coup, j’offre souvent des bouquins que je n’ai pas lus. Quitte à les piquer, après !

5. Quels sont vos projets littéraires?

Je donne beaucoup de moi dans mes romans, au sens presque physique du terme. Je suis très fusionnelle avec mes personnages. De fait, il me faut plusieurs mois avant de recommencer à écrire ; je suis incapable d’enchaîner. Pour l’instant, je suis donc toute à ma Clémence (l’héroïne des « Corps inutiles ») Mais je viens juste de signer un roman jeunesse pour 2016, ce qui me rend très heureuse !

6. Y a t il une question que je ne vous ai pas posé à laquez vous auriez aimé répondre? Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

On essaie de le dire, mais on ne le dira jamais assez : les libraires sont nos héros. Sont mes héros. Les libraires, et les blogueurs. Tous ces lecteurs pointus mais bien réels, qui portent leurs coups de cœur à bout de bras – parfois au sens propre ! – en faisant fi des modes et des « buzz ». Sans ce soutien merveilleux, je serais restée dans ma cave humide, et votre question numéro 2 n’aurait pas eu de réponse. Alors, pour vous tous, je n’ai qu’un seul mot : merci.

7. J’allais oublier… avez-vous un secret à nous confier?

Il faut faire attention, quand on écrit. Les personnages de papier sont des êtres vivants qui vous poursuivent, encore et encore. Une foule étrange par laquelle, en réalité, on aime bien être poursuivi… En ce qui me concerne, si je n’écrivais pas, je serais sans doute enfermée dans un hôpital psychiatrique !