Jour 12 : Véronique Ovaldé : « Le sommeil des poissons »

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le sommeil des poissons

Présentation de l'éditeur : " Tout en haut du mont Tonnerre, dans un drôle de village peuplé de femmes, l’une d’entre elles, la mano triste, attend patiemment dans sa maison à courants d'air. Elle attend les hommes qui remontent du fleuve à chaque saison douce, et surtout Jo géant, avec son cœur tout miel… Un voyage aux airs de conte, doux et inquiétant."

Le sommeil des poissons est le premier roman de Véronique Ovaldé publié en 2000. Elle est notamment l’auteur de Ce que je sais de Vera Candida et La Grâce des brigands.
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Jour 3 : Haruki Murakami : « Kafka sur le rivage »

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kafka sur le rivage

Présentation de l'éditeur : "Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus, un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et encore bien d'autres choses... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité."

Haruki Murakami est un auteur japonais traduit partout dans le monde. Il a reçu de nombreuses distinctions littéraires internationales. Il mêle dans ses romans avec beaucoup de délicatesse les mythologies occidentales et les croyances orientales. Il signe une oeuvre originale et particulière qui enchante par son originalité.

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Haruki Murakami : « L’étrange bibliothèque »

L'étrange bibliothèque

Présentation de l'éditeur : "Entre rêve et cauchemar, Haruki Murakami nous livre une nouvelle inédite, hypnotique, grinçante, superbement mise en image par la talentueuse illustratrice allemande Kat Menschik, qui restitue à merveille l'inquiétante étrangeté de l'univers du maître.
Je m'assis sur le lit, m'enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j'étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !
« Dites-moi, M. l'homme-mouton, fis-je. Pour quelle raison le vieil homme veut-il m'aspirer le cerveau ?
– Eh bien, lorsque le cerveau est bourré de savoir, il est particulièrement délicieux. Nutritif et consistant. Bien crémeux, riche en pulpe. »"

Haruki Murakami est un auteur japonais traduit partout dans le monde. Il a reçu de nombreuses distinctions littéraires internationales. Il mêle dans ses romans avec beaucoup de délicatesse les mythologies occidentales et les croyances orientales. Il signe une oeuvre originale et particulière qui enchante par son originalité.

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Yoko Ogawa : « Parfum de glace »

Yoko Ogawa

Présentation de l'éditeur: "A la mort de son compagnon, Ryoko réalise qu’elle ne savait rien de lui. Le jeune homme s’est suicidé dans son laboratoire de parfumeur, où il créait des fragrances exceptionnelles en combinant son incomparable mémoire olfactive à ses capacités scientifiques. Sur les lieux du drame, Ryoko trouve une disquette contenant quelques phrases énigmatiques. Incapable de faire le deuil de cet homme étrange, elle part à la rencontre de son passé.
 Entre réel et imaginaire, symbolique et inconscient, Yoko Ogawa atteint ici le coeur des êtres, la source de leur mémoire, pour exprimer l’indicible douleur de vivre."

Yoko Ogawa est une auteure japonaise à l’univers particulier et incomparable. Une fois que l’on a découvert son style vif et précis associé à une manière si particulière d’exprimer la pire des choses dans un murmure, on ne peut plus s’en passer! Ici, la narratrice, Ryoko, cherche à comprendre les raisons du suicide de son compagnon, Hiroyuki, créateur de parfums.

« – Toi, évidemment, tu as l’odeur de quelqu’un qui écrit.
– C’est désagréable ?
– Non, au contraire. À la base, il y a le papier. Des cahiers remplis de mots qui se bousculent. D’épais dossiers conservés dans un coin de bibliothèque. Une librairie presque déserte en fin d’après-midi. Avec un mélange de gomme et de mine de crayon.
– Tu connais tout de suite le métier des gens que tu rencontres pour la première fois ?
– Ça dépend. […]
– On dirait un diseur de bonne aventure.
– Mais non. Je ne peux pas prédire l’avenir. Le parfum est toujours dans le passé, vois-tu. »

Pourquoi Hiroyuki ne lui a-t-il jamais dit la vérité sur lui-même ? Pourquoi ne s’est-il jamais ouvert à elle de son don extraordinaire pour les mathématiques, en particulier ? Dès son enfance il avait participé à des concours internationaux qui lui avaient valu une gloire précoce : capable de résoudre en un clin d’œil des problèmes sur lesquels butaient les membres des jurys, tous professeurs d’universités émérites. Il arrivait, apprend-on, que l’enfant rendait sa copie alors que ces derniers n’avaient pas encore surmonté les difficultés du seul énoncé. Quel rapport entre celui qu’elle a aimé et ce génie ? Ryoko cherche à faire coïncider deux portraits : celui que la mémoire des autres reconstitue peu à peu pour elle et celui que sa propre mémoire tâche à reconstituer à mesure, en lui faisant revivre des moments forts de sa liaison avec le disparu. Ainsi se rend-elle à Prague, sur les lieux du dernier concours auquel participa Hiroyuki. Quel incident s’est en effet produit là-bas, expliquant le retour précipité du garçon au Japon ? Est-il possible qu’il ait échoué à cette épreuve-là?

« Nous étions là seuls tous les deux, alors qu’il y avait tant de livres. Il me semblait que tout un tas d’entre eux n’auraient plus jamais l’occasion d’être tenus en main et ouverts. J’avais l’impression que si je tendais l’oreille je pourrais les entendre ronronner dans leur sommeil. Je marchais lentement pour ne pas déranger les couches de temps accumulées. »

Partie d’un événement somme toute assez conventionnel, Yôko Ogawa guide son lecteur d’une voix toujours feutrée dans une réalité irréelle. Un très beau moment de lecture qui dépossède des souvenirs des vivants et des morts.

Yoko Ogawa, Parfum de glace, Babel, juin 2004, 304 pages, 8,70 euros

Muriel Barbery : « La vie des elfes »

Muriel Barbery la vie des elfes

Présentation de l'éditeur : Histoire de Maria et Clara, qui rencontrèrent les elfes.

Muriel Barbery porte un nom qui vous dit forcément quelque chose. Souvenez-vous, c’était en 2006, « L’élégance du hérisson » s’imposait dans les meilleures ventes, grâce à sa simplicité et ses personnages touchants : Renée, Paloma et le vieux monsieur japonais. Prix des libraires en 2007, il n’en fallait pas plus pour que l’auteur vende 6 millions d’exemplaires en France. Il a été adapté au cinéma en 2009 par Mona Achache, avec dans le rôle de la concierge, Josiane Balasko.

« Savez-vous ce que c’est qu’un rêve ? Ce n’est pas une chimère engendrée de notre désir mais une autre voie par laquelle nous absorbons la substance du monde et accédons à la même vérité que celle que dévoilent les brumes, en celant le visible et en dévoilant l’invisible. »

« La vie des elfes » est un roman totalement différent de ses deux précédentes publications. Muriel Barbery ouvre ici le monde du sensible, de la magie et donc, des elfes. Tissant de manière croisée, le destin de deux enfants, Maria, la bourguignonne, Clara, l’italienne, elle rend un éloge à la nature qui frissonne, qui se respire.

« Et puis il y avait dans l’air comme une langueur, un soupir paresseux, une quiète certitude que les choses ne finiraient jamais, et si les hommes travaillaient comme à l’accoutumée, sans relâche et sans plainte, ils jouissaient secrètement de cet interminable automne qui leur disait de ne pas oublier d’aimer. »

Deux jeunes filles qui vont tenter de sauver le monde sensible des pierres et de la montagne. L’invisible pour les yeux mais pas pour le coeur. Le roman retrace toute cette longue rencontre entre elles, sous l’oeil bienveillant non seulement des elfes, mais de leurs familles adoptives qui participent à leur éveil aux choses de la nature. Le dialogue entre le profane, le sacré et le magique saura toucher autant le lecteur novice que le lecteur connaisseur et averti sur la question.
L’auteur adopte un style lyrique aux phrases longues et stylisées qui réclame une rupture avec nos habitudes de lecture. Il est essentiel de prendre le temps de s’imprégner de l’ambiance, de se laisser gagner par le tempo, entre l’adagio et le forte , de ce beau roman aux accents de magie.

Muriel Barbery, La Vie des elfes, Gallimard, mars 2015, 304 pages, 19,50 euros