Grégoire Delacourt : « Danser au bord de l’abîme »

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Présentation de l'éditeur : "Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie. Aussitôt, elle sait."

Grégoire Delacourt a publié 6 livres, 5 romans et 1 recueil de nouvelles. Capable du meilleur (L’écrivain de la famille) comme du moins convaincant (La première chose qu’on regarde), il renoue ici, avec La liste de mes envies. Danser au bord de l’abîme, son cinquième roman s’est d’abord intitulé un bref instant sur le site Electre (bible des libraires et des professionnels du livre) : Que le plus beau reste à venir. Editeur et auteur ont donc choisi d’amener le lecteur de l’optimisme au danger et de ce fait à la peur intrinsèque qu’il suscite.

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Rentrée littéraire d’hiver 2017 #rlhiver2017

La rentrée littéraire à peine arrivée (consommée ?), voilà déjà celle d’hiver qui s’invite dans la presse, sur les blogs et dans les paniers de commandes des bibliothécaires.

517 romans pour la rentrée d’hiver. 337 français, 180 étrangers, 71 essais.

sélection hiver 2017

Voici mes impatiences (totalement subjectives !) de cette rentrée avec moins de grands noms (année électorale oblige) et une ligne historique assez forte (non mentionnée ci-dessous).

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Grégoire Delacourt : « La liste de mes envies »

la liste de mes envies

Présentation de l'éditeur : Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Grégoire Delacourt est un publicitaire de métier. Son deuxième roman « La liste de mes envies » est un des best sellers de ces dernières années.

« Il n’y a que dans les livres que l’on peut changer de vie. Que l’on peut tout effacer d’un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilénies et au bout d’une phrase, se retrouver soudain au bout du monde. »

Que feriez-vous si vous gagniez au loto? On se l’est tous posé cette question… et Perette avant nous en avait fait déjà la douloureuse expérience en disant adieu à ses rêves.

« J’aimerais avoir la chance de décider de ma vie, je crois que c’est le plus grand cadeau qui puisse nous être fait. »

Dans ce livre, il est question de rêves avouables et inavouables, de blessures et de trahisons, de pardon et de lumière dans la noirceur des évènements. Tantôt tendre et tantôt d’un réalisme grave, l’histoire de cette mercière de 47 ans, à l’aube du bilan de sa vie interroge sur le prix du bonheur.

« Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire. Le bonheur. Mon bonheur en tout cas. Le mien. Avec ses défauts. Ses banalités. Ses petitesses. Mais le mien. »

Jocelyne (du germain: ing, « fils, fille de », et Gauz, « Dieu ») gagne la cagnotte à l’Euromillions mais est ce vraiment une bénédiction? Avec un style qui se paie de luxe de laisser les fioritures au placard, l’auteur économe en mot touche par sa simplicité. Une simplicité en apparence toutefois, qui appelle le lecteur à être acteur de sa lecture.

« (…) on se ment toujours. Parce que l’amour ne résisterait pas à la vérité. »

Un livre où il est question d’amour que l’on craint de perdre, de bonheur à imaginer et à rêver, entre gris clair et gris foncé.

 Grégoire Delacourt, La liste de mes envies, Lattès, 2012,  220 pages, 16 euros (existe aussi au Livre de Poche)

« Temps livre » ou les romans de votre été

été 2015

Voilà, c’est l’été! L’été tant attendu synonyme de vacances, de « temps livre ».
Souvent c’est le manque de place dans vos valises qui influence le choix du volume, par sa taille et son poids.

Voici une sélection de livres légers en poids mais gonflés en émotions!

Bel été !

  • Thomas B. Reverdy, Les évaporés, Livre de poche, 2015

→ Pour voyager sur votre serviette
Un roman entre Japon et Etats-Unis qui aborde un phénomène de société dramatique au pays du soleil levant : la disparition volontaire d’adultes.

  • David Foenkinos, La délicatesse, Folio, 2010

→ Pour séduire sans en avoir l’air
Une Nathalie rencontre un François; ils s’aiment; il meurt; elle est triste; son patron la drague avec lourdeur; c’est un Markus qui emporte la mise; mais Markus est laid et c’est un problème pour les autres. Nathalie, elle, est sous le charme de sa délicatesse. Drôle et profond.

  • Yves Grevet, La maison (t1 Méto), Pocket jeunesse, 2013

→ A piquer à ses enfants
Saga en 3 tomes. Une dystopie incroyable où plus que jamais la liberté est au cœur des enjeux.

  • Delphine Bertholon, Grâce, Le livre de poche, 2013

→ Pour ne pas prendre de baby-sitter
Diablement bien construit un roman mi-polar, mi-psychologique où les secrets de famille éclatent avec fantômes et fracas. Le passé finit-il toujours par nous rattraper?

  • Grégoire Delacourt, La liste de mes envies, Le livre de poche, 2013

→ A prêter à sa belle-mère
Argent, rêves et bonheur font-ils bon ménage ? Une fable douce amère pour se recentrer sur l’essentiel.

  • Serge Joncour, U.V., Folio, 2007

→ Pour profiter du soleil
Serge Joncour manie les ficelles d’un huis clos et fait monter la tension au fil des pages. Le soleil va-t-il révéler la vraie nature de Boris aux riches habitants de cette villa avec vue sur mer ?

  • 13 à table, Pocket, 2014

→ A lire par petits bouts
Treize nouvelles autour de la thématique du repas pour Les restau du Cœur. Rassemblant de jolies plumes ce recueil est riche grâce à la diversité de nouvelles qu’il propose allant du drame, au fantastique en passant par le feel’s good book.

  • Haruki Murakami, Kafka sur le rivage, 10/18, 2009

→ Pour s’évader
Construit comme un miroir entre deux destins, ce roman d’initiation mêle traditions occidentales et sagesse de l’empire de soleil levant. Une expérience de lecture dont vous sortirez changé, plus sage ou plus audacieux.

  • Michel Bussi, N’oublier jamais, Pocket, 2015

→ Pour réveiller le détective qui sommeille en vous
Avec pour décor d’incroyables falaises, ce roman policier vous emmène aux confins de la vérité et de la manipulation. Une énigme haletante pour un drame original.

  • Romain Puértolas, L’incroyable voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA », Le livre de poche, 2015

→ Pour rire
Un roman complètement déjanté, léger et vif, avec un fakir dont le péripéties rocambolesques vous donneront envie de tourner les pages.

  • Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, Folio, 2015

→ Pour pleurer
24H de la vie d’un cœur. Un roman poignant et fort sur la mort mais aussi la vie.

  • Benjamin Constant, Adolphe, Pocket, 1998

→ Pour réviser ses classiques
Roman de l’amour romantique par excellence, « Adolphe » vous entraîne au plus profond des sentiments et de l’humain.

  • Muriel Barbery, Une gourmandise, Folio, 2002

→ A dévorer
Un ancien critique gastronome au seuil de la fin de sa vie nous confie ses petites épiphanies gourmandes. Plaisir des sens et du ventre comme autant de petites pépites à déguster!

  • Harold Cobert, Le rendez-vous manqué de Marie-Antoinette, Le livre de poche, 2012

→ Pour changer d’époque
Un rendez-vous secret pour changer le cours de l’histoire. Une écriture classique et prenante fait de ce roman un agréable moment de lecture au cœur de la monarchie.

  • Yannick Grannec, La déesse des petites victoires, Pocket, 2014

→ Pour se cultiver
Une plongée dans les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle. Menée comme une enquête par une jeune documentaliste qui rencontre la veuve du grand homme, un roman passionnant de la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire.

  • Sophie Adriansen, Max et les poissons, Nathan poche, 2015

→ Pour échanger en famille
L’histoire se déroule en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Max est un enfant comme les autres, il a des rêves pleins la tête et ne veut que passer son temps à rire, jouer et s’amuser. Mais voilà, ce petit garçon est juif et doit porter une étoile. Un livre très adapté pour aborder la seconde guerre mondiale, les camps en France et le travail des Justes pour les enfants à partir de 9 ans.

Grégoire Delacourt : « Les quatre saisons de l’été

Les quatre saisons de l'été

Présentation de l'éditeur : "Été 99, dont certains prétendent qu’il est le dernier avant la fin du monde.
Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil. Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d’amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, se rencontrent, se croisent et s’influencent sans le savoir.
Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d’amour."

Grégoire Delacourt publie son 5e roman. Un roman sensible, bien construit et développant son thème de prédilection : l’amour, de l’évanescence de sa naissance à la mélancolique tristesse de sa fin.

« Ils étaient allongés à même le sable, ils regardaient le ciel comme on essaie de lire l’avenir. »

4 couples, 4 destins avec pour décor, le Touquet. Entre les lignes qui fleurent bon les embruns et un rythme qui rappelle le bercement des vagues, on se croirait vraiment en bord de mer. Ces couples que l’on suit, expriment chacun leurs listes d’envies, leurs rêves et proposent une définition de l’amour qui leur est propre.

« Au fil des heures, la mer s’éloigne, comme un drap que l’on retirerait doucement , qui dévoilerait une peau claire, vierge de toute conquête. »

Je considère plutôt ce livre comme la compilation de quatre nouvelles. En effet, chaque histoire peut fonctionner indépendamment des autres. A noter, la première partie « Pimprenelle » est une reprise d’une nouvelle publiée pour ELLE en 2013, elle illustre le couple le plus jeune. L’autre élément qui donne le la à ce roman est la chanson de Cabrel « Hors-saison ». Elle apporte une légère mélancolie

J’ai été profondément touchée par le dernier couple, celui des personnages âgées de 75 ans qui s’aiment d’un amour infini et fort, renouvelé à chaque instant de leur vie.

« Nous nous aimions entre les mots et entre les lignes, dans les silences et les regards, dans les gestes les plus simples. Nous nous aimions dans le plaisir précieux de nous retrouver souvent. »

Un roman plaisant à lire, émouvant pour son histoire, les drames et pour le très joli message d’espoir qu’il dessine. Détrompez-vous cependant du martèlement marketing qui lui est lié, ce roman n’est pas seulement le livre de votre été, il est aussi le livre qui vous posera des questions sur votre vision de l’amour et surtout le livre que vous offrirez dans les prochains temps.

Grégoire Delacourt, Les quatre saison de l’été, Lattès, avril 2015, 268 pages, 18,50 euros