Vincent Almendros : « Un été »

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Présentation de l'éditeur:
 Jean, mon frère, venait d’acheter un voilier et m’invitait à passer quelques jours en mer. Je n’étais pas certain que ce soit une bonne idée que nous partions en vacances ensemble.
 Quand je dis « nous », je ne pensais pas à Jean.
 Je pensais à Jeanne.
 À Jeanne et moi.

« Pour nous distraire, Jeanne nous invita à regarder le Vésuve au loin. Le volcan ressemblait à un volumineux nuage de brume. Mon regard glissa sur la côte, embrassant d’un coup toute la baie ouverte sur le large. Ce n’était pas seulement de Naples dont nous nous éloignions, mais de la terre elle-même, ferme et rassurante. »

Vincent Almendros publie son deuxième roman « Un été » dans le sillage du premier « Ma chère Lise » qui donnait à entendre une version moderne de « Lolita » de Nabokov.
Ici, dans un huis clos marin, Pierre et Jeanne, curieux doubles, s’aiment envers et contre tous, contre vents et marées et malgré les liens du sang. Deux couples, plusieurs possibilités, et tous les silences entre les blancs des mots, dans l’absence dans l’immensité bleue. On y découvre Jean, qui a vieilli depuis les derniers souvenirs de son frère Patrick (le narrateur). Jean est marié à  Jeanne, belle et instable en totale opposition à  Lone, blonde, introvertie, étrangère au mouvement, aux enjeux souterrains, qui comme un fait exprès, va faire une conjonctivite. Mais que ne veut elle pas voir? Patrick, le quatrième personnage et narrateur du roman est paumé, tiraillé entre désir du passé et résolution nouvelle, coincé dans un temps sans fin, dans ce huis clos, où l’océan le rend malade… d’amour?  Un court roman poétique mais dense.

« Je sentais sous mes doigts le contact de ses grains de beauté. Je m’y réhabituais, lentement, comme un aveugle lit le braille. »

Vincent Almendros, Un été, Editions de Minuit, 2015, 96 pages, 11.50 euros

 

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Léonor De Récondo : « Amours »

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Présentation de l'éditeur :
Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.
 Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.
 Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…
 Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.

 « Ils se tiennent tous les trois, les corps battants, les cœurs à l’arrêt, s’engouffrant sans hésitation dans ce monde glissant, fiévreux, exaltant, de l’amour. »

Léonor de Récondo a deux passions, le violon (qu’elle exécute de manière virtuose depuis l’âge de 5 ans) et l’écriture. « Amours » est le 4e roman de cette jeune auteur.

« Huguette, saisie par la beauté de cette musique, reste sur le pas de la porte avec son plateau. Elle écoute et, surtout, elle remarque la gravité du visage de Victoire, complètement absorbée par la délicatesse avec laquelle les notes sortent de ses mains. Poser doucement la pulpe de ses doigts sur la touche, appuyer juste ce qu’il faut pour en avoir l’âme blessée. »

Début du 20e siècle, une maison bourgeoise devient le théâtre de la passion et de secrets bien gardés. A travers deux portraits de femmes très réussis, Léonor de Récondo capte la tension ce huis clos, qu’elle restitue dans chaque mots, chaque phrases avec un rythme enlevé et musical. Un roman qui punaise les inégalités sociales et sociétales du siècle passé pour un vrai plaisir de lecture.
Un roman sur l’émancipation féminine servi par une jolie plume classique.

Léonor de Récondo, Amours, Sabine Wespieser, Janvier 2015, 280 pages, 21 euros