Jean-Philippe Blondel : « Mariages de saison »

mariages de saison

Présentation de l'éditeur : "Juillet 2013 en province. Comme chaque été, Corentin 
retrouve, au côté de son parrain, Yvan, son emploi saisonnier de vidéaste de mariage. 
Chargé d’accompagner les couples des premières heures de la journée la plus importante 
de leur vie jusqu’au matin suivant, il recueille leurs espoirs et leurs désillusions, 
leurs joies et leurs détresses, parfois. Mais à vingt-sept ans, il est temps de faire 
des choix, amoureux tout autant que professionnels. Corentin a devant lui cinq mariages 
et aucun enterrement pour trouver sa voie. Analyse des sentiments, amertume et plaisir, 
empathie pour les personnages... On retrouve dans Mariages de saison tout ce qui fait 
le charme des romans de Jean-Philippe Blondel."

Jean-Philippe Blondel écrit pour les adultes et la jeunesse, des histoires le plus souvent en province ou sur le rapport entre Paris et le « reste du monde ». 6h41 et Un hiver à Paris sont des romans qui m’ont particulièrement touchée pour l’authenticité et la fragilité qui se dégagent des personnages. Avec Mariages de saison, l’auteur poursuit son exploration de la liberté de choix et porte un regard doux-amer sur le mariage et ses représentations dans la société.

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Chut c’est un secret avec Jean-Philippe Blondel

secrets d'écrivains par bénédicte jungerJean-Philippe Blondel est un auteur prolifique, une vingtaine de livres publiés, de la nouvelle au roman, pour adulte ou pour la jeunesse. Ce qui caractérise la plume de cet auteur, c’est la précision  du lexique et le refus du conformisme tant dans les thématiques qu’il choisit de développer que dans le style qu’il développe. J’ai particulièrement aimé 6H41 et son dernier roman Un hiver à Paris. Il est aussi un grand lecteur de livres contemporains et c’est à cet occasion que nous avons fait connaissance. Merci à lui d’avoir répondu à mes questions.

JP-Blondel

1. Comment êtes-vous venu(e) à l’écriture? D’où vous en vient l’envie?

Je n’ai pas de réponse claire à cette question: je sais seulement que j’écris depuis l’âge de sept ans, des poèmes d’abord, puis des textes courts, des nouvelles à l’adolescence et ensuite des romans, je me suis tout de suite senti bien dans l’expression écrite, je me disais que, si je parvenais à faire vivre des personnages, je ,ne serais plus jamais seul.

2. Quel est votre plus beau souvenir d’auteur?

Je pense que c’est le moment où je suis passé devant la vitrine de la librairie où j’allais quand j’étais en vacances, ,à Capbreton, dans les landes, et qu’il y avait une vitrine complète d’Accès Direct à la Plage. Les larmes me sont montées aux yeux.

3. Que pensez-vous de cette citation de Fernando Pessoa « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas »?

La littérature, pour moi, est surtout la preuve d’une existence, à un moment donné, à un temps donné. Ce n’est pas tant la vie qui ne suffit pas que le temps qui nous est compté. Mais c’est sans doute, au fond, la même chose.

4. Quel livre aimez-vous offrir?

Les derniers qui m’ont enthousiasmé. Il n’y a pas un livre en particulier que j’aime offrir. Cela dépend du destinataire, des circonstances de notre rencontre, des goûts de l’autre, des points communs que nous pouvons avoir.

5. Quels sont vos projets littéraires?

Des romans, des romans et encore des romans. Le prochain sortira chez Buchet Chastel en janvier 2016 et s’intitule « Mariages de saison »

6. Y a-t-il une question que je ne vous ai pas posé à laquelle vous auriez aimé répondre? Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

euh…non

7. J’allais oublier… avez-vous un secret à nous confier?

L’essence même d’un secret est de ne pas le confier, non ? :))

Jean-Philippe Blondel : « Un hiver à Paris »

jean philippe blondel un hiver à paris

Présentation de l'éditeur :
 Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade.
 On retrouve dans Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d’une remontée mais à quel prix ; l’attirance pour la mort et pour la vie ; la confusion des sentiments ; le succès gagné sur un malentendu ; le plaisir derrière la douleur ; l’amertume derrière la joie.
 Sont présents les trois lieux qui guident la vie de l’auteur : Troyes, Paris, les Landes. Dans la lignée de Et rester vivant, il y a chez le personnage-auteur-narrateur la même rage pure, la même sauvagerie - pour rester toujours debout sous des allures presque dilettantes.

« (…) et puis, c’est bien, les livres, quand on a un littéraire dans la famille, non ?
-Tu as honte d’eux ?
La phrase a claqué dans l’appartement désert. J’ai détourné les yeux.
-Pas quand je rentre chez moi. Mais quand je suis ici, oui. Pendant les cours, oui. Je pense à tout ce qu’ils ignorent. A tout ce qui nous sépare, désormais. Je…je n’ai pas du tout anticipé en choisissant mes études. Je n’ai pas mesuré le fossé qui allait se creuser. Parfois, je ne sais plus où j’en suis. Je ne sais même plus ce dont j’ai envie. »

« Un hiver à Paris » c’est l’histoire de deux solitudes, deux jeunes provinciaux en classe préparatoire. L’un choisit l’impact sur le béton de la cour prestigieuse d’une de ces écoles parisiennes, l’autre ne choisit pas et se retrouve entrainé dans un tourbillon et un maelstrom de sentiments contradictoires. Et si la disparition d’un « ami » pouvait changer le regard des autres sur soi? Jean-Philippe Blondel va bien plus loin et questionne le deuil, l’absence, la reconstruction et le champs infini des possibles… Avec pudeur et tendresse, l’auteur brosse un portrait tout en profondeur de ce jeune provincial, au coeur d’un jeu de séduction, de pouvoir qui frise le malsain sans pour autant en faire un monstre, mais plutôt un être vulnérable et attachant.

« Je commençai à comprendre que, plus tard, j’aimerais enseigner moi-aussi. Transmettre. Pas seulement des savoirs, mais aussi un décryptage du monde et des codes sociaux et culturels qui permettent de s’adapter ou de s’intégrer à n’importe quel groupe préexistant. »

Jean-Philippe Blondel, Un hiver à Paris, Buchet Chastel, Janvier 2015, 272 pages, 15 euros