Des poches dans le maillot – Les livres de votre été

 

L’été arrive enfin, promesses de temps ralenti, de corps alanguis et de temps liVre.
Pour vous accompagner dans cette période propice à la lecture, j’ai sélectionné des poches pour leurs poids plume.

Voici une sélection de livres légers en poids mais gonflés en émotions!

Bel été !

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Jour 23 : Maylis de Kerangal : « La vie voyageuse »

avent

la vie voyageuse

Présentation de l'éditeur : "Ariane Malauzier travaille pour la revue L'Archiviste, spécialisée en généalogie. Elle enquête sur le puzzle des origines d'autrui. Le cul-de-sac d'une vie bien réglée, en apparence. Jusqu'à ce que sa vénérable tante Jeanne, dame à chapeau et tailleur Chanel, lui propose de retrouver Ignacio Torres, exilé espagnol qui fut l'éphémère et secret amant de sa jeunesse guindée. Selon le principe des vases communicants, ce périple fait remonter à la surface un autre mirage sentimental.
 Ce livre d'aventures intimes dessine une errance identitaire mélancolique et sensuelle, proche de la géographie sentimentale de certains films d'Antonioni. Dans ce retour sur soi de la mémoire amoureuse, rien de linéaire. Tout n'est que détour et éternel retour, flash-backs prémonitoires et incertitudes rétrospectives, à l'image du désordre intérieur de l'héroïne."

La vie voyageuse est le deuxième roman de Maylis de Kerangal. Elle y parle d’amour, de regrets et de temps qui passe trop vite avec son ton et son style reconnaissables entre mille, ses phrases longues et enveloppantes, sa capacité de description si juste.

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« Temps livre » ou les romans de votre été

été 2015

Voilà, c’est l’été! L’été tant attendu synonyme de vacances, de « temps livre ».
Souvent c’est le manque de place dans vos valises qui influence le choix du volume, par sa taille et son poids.

Voici une sélection de livres légers en poids mais gonflés en émotions!

Bel été !

  • Thomas B. Reverdy, Les évaporés, Livre de poche, 2015

→ Pour voyager sur votre serviette
Un roman entre Japon et Etats-Unis qui aborde un phénomène de société dramatique au pays du soleil levant : la disparition volontaire d’adultes.

  • David Foenkinos, La délicatesse, Folio, 2010

→ Pour séduire sans en avoir l’air
Une Nathalie rencontre un François; ils s’aiment; il meurt; elle est triste; son patron la drague avec lourdeur; c’est un Markus qui emporte la mise; mais Markus est laid et c’est un problème pour les autres. Nathalie, elle, est sous le charme de sa délicatesse. Drôle et profond.

  • Yves Grevet, La maison (t1 Méto), Pocket jeunesse, 2013

→ A piquer à ses enfants
Saga en 3 tomes. Une dystopie incroyable où plus que jamais la liberté est au cœur des enjeux.

  • Delphine Bertholon, Grâce, Le livre de poche, 2013

→ Pour ne pas prendre de baby-sitter
Diablement bien construit un roman mi-polar, mi-psychologique où les secrets de famille éclatent avec fantômes et fracas. Le passé finit-il toujours par nous rattraper?

  • Grégoire Delacourt, La liste de mes envies, Le livre de poche, 2013

→ A prêter à sa belle-mère
Argent, rêves et bonheur font-ils bon ménage ? Une fable douce amère pour se recentrer sur l’essentiel.

  • Serge Joncour, U.V., Folio, 2007

→ Pour profiter du soleil
Serge Joncour manie les ficelles d’un huis clos et fait monter la tension au fil des pages. Le soleil va-t-il révéler la vraie nature de Boris aux riches habitants de cette villa avec vue sur mer ?

  • 13 à table, Pocket, 2014

→ A lire par petits bouts
Treize nouvelles autour de la thématique du repas pour Les restau du Cœur. Rassemblant de jolies plumes ce recueil est riche grâce à la diversité de nouvelles qu’il propose allant du drame, au fantastique en passant par le feel’s good book.

  • Haruki Murakami, Kafka sur le rivage, 10/18, 2009

→ Pour s’évader
Construit comme un miroir entre deux destins, ce roman d’initiation mêle traditions occidentales et sagesse de l’empire de soleil levant. Une expérience de lecture dont vous sortirez changé, plus sage ou plus audacieux.

  • Michel Bussi, N’oublier jamais, Pocket, 2015

→ Pour réveiller le détective qui sommeille en vous
Avec pour décor d’incroyables falaises, ce roman policier vous emmène aux confins de la vérité et de la manipulation. Une énigme haletante pour un drame original.

  • Romain Puértolas, L’incroyable voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA », Le livre de poche, 2015

→ Pour rire
Un roman complètement déjanté, léger et vif, avec un fakir dont le péripéties rocambolesques vous donneront envie de tourner les pages.

  • Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, Folio, 2015

→ Pour pleurer
24H de la vie d’un cœur. Un roman poignant et fort sur la mort mais aussi la vie.

  • Benjamin Constant, Adolphe, Pocket, 1998

→ Pour réviser ses classiques
Roman de l’amour romantique par excellence, « Adolphe » vous entraîne au plus profond des sentiments et de l’humain.

  • Muriel Barbery, Une gourmandise, Folio, 2002

→ A dévorer
Un ancien critique gastronome au seuil de la fin de sa vie nous confie ses petites épiphanies gourmandes. Plaisir des sens et du ventre comme autant de petites pépites à déguster!

  • Harold Cobert, Le rendez-vous manqué de Marie-Antoinette, Le livre de poche, 2012

→ Pour changer d’époque
Un rendez-vous secret pour changer le cours de l’histoire. Une écriture classique et prenante fait de ce roman un agréable moment de lecture au cœur de la monarchie.

  • Yannick Grannec, La déesse des petites victoires, Pocket, 2014

→ Pour se cultiver
Une plongée dans les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle. Menée comme une enquête par une jeune documentaliste qui rencontre la veuve du grand homme, un roman passionnant de la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire.

  • Sophie Adriansen, Max et les poissons, Nathan poche, 2015

→ Pour échanger en famille
L’histoire se déroule en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Max est un enfant comme les autres, il a des rêves pleins la tête et ne veut que passer son temps à rire, jouer et s’amuser. Mais voilà, ce petit garçon est juif et doit porter une étoile. Un livre très adapté pour aborder la seconde guerre mondiale, les camps en France et le travail des Justes pour les enfants à partir de 9 ans.

Rencontre avec Maylis de Kerangal à la médiathèque de la Robertsau

Mardi 24 mars, jour tant attendu depuis l’invitation lancée au salon du livre de Paris en mars 2014.

Née en 1967, Maylis de Kerangal a été éditrice pour les Éditions du Baron perché et a longtemps travaillé avec Pierre Marchand aux Guides Gallimard puis à la jeunesse.
Elle est l’auteur de quatre romans aux Éditions Verticales, Je marche sous un ciel de traîne (2000), La vie voyageuse (2003), Corniche Kennedy (2008) et Naissance d’un pont (2010) ainsi que d’un recueil de nouvelles, Ni fleurs ni couronnes (2006) et d’une novella, Tangente vers l’est (2012).
Elle vient nous présenter son 8e roman Réparer les vivants paru en janvier 2014 chez Verticales, qui a reçu 10 prix dont le Grand prix RTL-Lire 2014, le Roman des étudiants-France Culture-Télérama 2014, et le Prix Orange du Livre 2014

La salle est prête. Après la création de l’espace de rencontre, par un déménagement conséquent de meubles, tables, et chaises, la médiathèque ouvre, comme à son habitude, à 10h. Très vite, les lecteurs nous questionnent sur l’évènement du soir.

médiathèque Robertsau Strasbourg

Vers 16h, les régisseurs des médiathèques viennent mettre en lumière l’espace et nous posent les micros, indispensables pour que la voix de l’auteur parvienne jusqu’au dernier rang.

Maylis de Kerangal est une auteure généreuse et abordable, d’une simplicité désarmante.
Un peu avant 18h, je me rends à la gare de Strasbourg pour l’accueillir. Le contact est immédiatement chaleureux et ma petite appréhension disparait dans son sourire. Le trajet qui nous conduit à la médiathèque me permet de lui présenter notre médiathèque, le quartier de la Robertsau, la ville de Strasbourg. Un appel  rapide est passé à ses fils pour donner les instructions du soir avant le retour de leur père, Maylis a la voix douce. Arrivée à la médiathèque, elle découvre la vitrine qui annonce sa venue et salue son originalité.

médiatheque Robertsau

Après un réglage des micros et des projecteurs, nous montons pour un café (pour elle) et un verre d’eau (pour moi). Cake aux cranberries, chocolat noir sont les douceurs sur lesquelles nous comptons pour tenir pendant l’entretien. Maylis signe les romans de la médiathèque de bonne grâce et l’heure approche tout doucement.
Nous sommes « complet » et même plus que complet. Il nous est très désagréable de devoir refuser du monde. C’est la première fois depuis 2009.

Nous descendons comme prévu sur les dernières notes de « La nuit je mens » de Bashung que Maylis cite dans son livre. L’entretien débute à 19h10.

« Écrire c’est se mettre en empathie avec le monde, pouvoir ensuite le toucher. »

L’auteur de « Réparer les vivants » explicite son travail d’écrivain, sa manière d’écrire, de rallier un point A à un point B dans la construction de ses romans. Elle écrit en ayant toujours connaissance de la fin. Son ambition était de raconter la migration d’un cœur, du corps de Simon Limbres dans celui de Claire Méjan.

« Le roman pose la question de la vie mais pas celui du réel. »

Maylis de Kerangal

La ponctuation est un espace de liberté pour Maylis de Kérangal, c’est là que l’auteur s’exprime le plus.

« On peut tout corriger dans un texte mais pas la ponctuation, c’est comme toucher au souffle de la personne. »

Elle lit le premier chapitre de son roman, qui n’est qu’une seule phrase. C’est la première qu’elle ait écrite de ce roman. Une phrase programme, une phrase qui pose les choses.

Maylis de Kerangal

Après avoir répondu à plusieurs questions lors de l’entretien, la parole est donnée aux lecteurs présents et trois questions pertinentes sont posées, dont l’une concernant son impression de mère face au décès d’un fils, elle y répond de cette manière :

« Quand j’écris je m’arrache de ma vie. J’écris pour ne plus être moi. « 

Maylis de Kerangal & Bénédicte Junger

A noter que « Corniche Kennedy » et « Réparer les vivants » seront adaptés au cinéma.

La soirée se poursuit par une séance de dédicace et un petit pot, où les discussions vont bon train et où d’innombrables sourires illuminent le visage des présents.

médiathèque robertsau

Maylis de Kerangal

 La soirée s’achève, il est 22h. Quelle belle rencontre!

Nous partons dîner dans une institution strasbourgeoise et achevons cette incroyable journée par un dessert et trois fourchettes. La simplicité, vous ai-je dit…

profiteroles