Diane Brasseur : « Je ne veux pas d’une passion

je ne veux pas d'une passion

Présentation de l'éditeur : "Il est parti, il a enfilé son caban avant de mettre son bonnet.  Pourquoi n’ai-je pas essayé de le retenir ? Quand il s’est levé, j’ai gardé les mains dans les poches de mon manteau. J’hésitais à lui proposer d’aller chez moi pour faire l’amour une dernière fois. Un à un, il fermait les boutons de son caban que, d’habitude, il ne ferme pas. Celui du milieu, frappé d’une ancre de bateau, était tombé depuis longtemps.  « Je vais rester un peu. » J’ai commandé une coupe de champagne. Elle pensait que c’était le bon, mais il la quitte. Restée seule dans un café, une jeune femme revit les derniers mois de son histoire d’amour, et la relation fusionnelle qu’elle entretient avec son père depuis l’enfance. Deux passions très différentes, qui vivent dans un seul cœur."

Diane Brasseur est franco-suisse. Après des études de cinéma à Paris, elle devient scripte et tourne, entre autres, avec Albert Dupontel, Olivier Marchal et Abd Al Malik. Son premier roman Les fidélités est un monologue intérieur d’un homme mûr qui s’oblige à un choix impossible entre sa femme et sa maîtresse.

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Emilie Frèche : « Un homme dangereux »

un homme dangereux

Présentation de l'éditeur : « – Maintenant que tu as vraiment quitté ton mari, on va pouvoir parler. Je veux que tu deviennes ma femme. Je t’aime, je veux vivre avec toi, mais avant, il faut que tu laisses tes enfants.
– Pardon ?
– Je suis sérieux. Il faut que tu les laisses à leur père, je te dis ça pour leur bien. Elles seront très heureuses avec lui ; ils partiront vivre en Israël, ce sera beaucoup plus simple, et tu iras leur rendre visite pour les vacances.
– T’es complètement malade.
– Tu sais bien que non, puisque c’est comme ça que ça va se terminer pour les juifs de France. Sept mille juifs sont partis rien que cette année, c’est moi qui l’invente ? Bientôt, il n’y aura plus de juifs en France. Plus un seul juif. Tu te rends compte, un peu ? Le grand rêve de Vichy réalisé par des Merah, des Nemmouche, des Kouachi. Que des petits enfants de bicots qu’on a fait venir du bled pour assembler des boulons, et qui feront mieux que les idéologues du Troisième Reich, sans même avoir besoin de vous mettre dans des trains. Tout ça simplement en jouant avec votre peur. Quelle intelligence ! Quelle économie, surtout. La France nettoyée pour pas un rond. »

Emilie Frèche est une auteure pour adulte et la jeunesse, elle écrit aussi des scénarios. Toujours très inspirés de sa vie personnelle, ses romans abordent la question de l’identité, la difficulté des rapports familiaux et amoureux.

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Sylvie Le Bihan : « Là où s’arrête la terre »

Là où s'arrête la terre

Présentation de l'éditeur : " « Le bouchon fit un bruit de détonation et le monde de Marion s’écroula comme si un seul soldat du peloton l’avait exécutée d’une balle en plein cœur avant que le sabre ne s’abaisse.» Marion, parisienne de 40 ans, prise à son propre jeu entre deux hommes, fuit la réalité et croise un soir d’automne à Paris, Roger qui lui, cherche à tout prix à éviter un choix entre sa vengeance et la résilience. Par défi, il lui propose de l’emmener loin de Paris. Sur un coup de tête, elle le suit. Dans une Bretagne à leur image, à la fois dramatique et mystérieuse, s’ensuit un terrible huis-clos fait d’attirance mêlée de répulsion et de révélations violentes. Un secret se profile, trop lourd pour être dévoilé, jusqu’au drame qui sera peut-être leur unique chance de tout recommencer. Un roman noir, cruel, ancré dans la société d’aujourd’hui avec ses tabous, son hypocrisie et son égoïsme. L’histoire terrible d’une vengeance par procuration."

Sylvie Le Bihan est diplômée de Sciences Po, après avoir travaillé pendant 12 ans en Angleterre en donnant des cours de Sciences Politiques, comme chasseur de têtes pour la finance puis en tant que professionnelle dans le marketing, elle rentre à Paris en 2004 et travaille comme directrice de l’International pour les restaurants Pierre Gagnaire (son mari) avec qui elle a également signé un étonnant ouvrage sur le goût : « Petite Bibliothèque du gourmand ». Son premier roman L’autre traite avec brio de la descente en enfer de deux femmes victimes de leur mari.

Dans son deuxième roman, il est tout autant question de personnages peu aimables. Son héroïne (en est elle vraiment une?) est surtout une femme au tournant de sa vie. Après avoir quitté mari et amant, elle part à l’autre bout d’elle même et là où la terre s’arrête, dans le Finistère.  Elle aura pour compagnon de voyage, un homme, lui aussi perdu entre chimère et fantôme du passé. Chacun dans leur solitude, sauront ils s’entendre, se parler, se sauver?

« Aide-moi à t’aimer sans avoir peur. »

Sylvie Le Bihan dresse un dur portrait de Marion, bourgeoise aux caprices de petite fille comme le lui fera remarquer Roger, le commercial homosexuel plouc de service. Si de prime abord, ces deux personnages peuvent paraitre caricaturaux, ils sont sublimés par la psychologie complexe que leur attribue l’auteure.

« C’est ça qui est le plus choquant : c’est votre égoïsme qui vous a rapprochés, pas vos souffrances. »

Construit d’une manière efficace et rythmée, ce roman monte en puissance au fil des pages, avec cette incroyable fin qui en laissera songeur plus d’un.

Sylvie Le Bihan, Là où s’arrête la terre, Seuil, avril 2015, 288 pages, 18.50 euros