Nouveau #booktube pour les médiathèques de #Strasbourg

Voilà le petit 3e de la série de booktubes réalisés pour les médiathèques de Strasbourg !

Avec par ordre d’apparition : (cliquez sur les liens pour accéder à la chronique du roman ou une interview de l’auteure)

Marine Westphal pour La Téméraire
Cécile Coulon pour Trois saisons d’orage
Sylvie Le Bihan pour Qu’il emporte mon secret
Léa Wiazemsky pour Le bruit du silence
Valérie Tong Cuong pour Par amour

Des femmes à la (h)auteur

En cette journée de lutte pour les droits de la femme, il est important pour moi de mettre en lumière des plumes, des personnalités, des univers féminins : un questionnement sur la femme, son corps, ses convictions et sa lutte pour les libertés.

A découvrir sans plus tarder 12 auteures !

(Si vous cliquez sur leur nom, vous accéderez à une interview « Chut c’est un secret », si vous cliquez sur le titre, vous accéderez à la chronique du livre)

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Sylvie Le Bihan : « Qu’il emporte mon secret »

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Présentation de l'éditeur : " « Je ne peux pas t'expliquer pourquoi, pas maintenant, mais sois 
patient, je te raconterai dès que j'aurai trouvé les mots. J'ai besoin de respirer, encore un 
peu, un autre air que celui, étouffant, de l'été 1984, celui que j'avais refoulé et que j'ai 
retrouvé dans une salle de la prison de Nantes, il y a trois semaines ». Deux nuits ont bouleversé 
la vie d’Hélène à 30 ans d'intervalle, la troisième, à la veille d’un procès, sera peut-être enfin 
celle de la vérité… Alternant le présent et le passé, Sylvie Le Bihan construit un roman à tiroirs 
où le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin."

Sylvie Le Bihan est diplômée de Sciences Po, elle travaille comme directrice de l’International pour les restaurants Pierre Gagnaire (son mari) avec qui elle a également signé un livre sur le goût : « Petite Bibliothèque du gourmand ». Elle a publié trois romans qui évoquent tous l’urgence de vivre et la libération du corps par les mots.

Son premier roman, L’autre, traite avec brio de la descente en enfer de deux femmes victimes de leurs maris, pervers narcissiques. Dans son deuxième roman, Là où s’arrête la terre, elle met en scène une femme qui doit faire des choix pour tenter d’avancer. Après avoir quitté mari et amant, elle part à l’autre bout d’elle même et là où la terre s’arrête, dans le Finistère pour trouver des réponses.

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Rentrée littéraire d’hiver 2017 #rlhiver2017

La rentrée littéraire à peine arrivée (consommée ?), voilà déjà celle d’hiver qui s’invite dans la presse, sur les blogs et dans les paniers de commandes des bibliothécaires.

517 romans pour la rentrée d’hiver. 337 français, 180 étrangers, 71 essais.

sélection hiver 2017

Voici mes impatiences (totalement subjectives !) de cette rentrée avec moins de grands noms (année électorale oblige) et une ligne historique assez forte (non mentionnée ci-dessous).

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Chut c’est un secret avec Sylvie Le Bihan

secrets d'écrivains par bénédicte jungerSylvie Le Bihan a deux casquettes, une carrière professionnelle dense à l’international et une jolie plume aiguisée et mordante. Son premier roman L’autre traite avec brio de la tombée en enfer de deux femmes victimes de leur mari. Son second roman Là où s’arrête le terre évoque la rencontre de deux solitudes, de deux blessés de la vie égoïstes, mais avant tout vivants. Merci à elle d’avoir répondu à mes questions, en attendant de pouvoir lui en poser « en vrai » à la médiathèque de la Roberstau à Strasbourg, mardi 9 juin à 19h.

Sylvie Le Bihan

1. Comment êtes-vous venu(e) à l’écriture? D’où vous en vient l’envie?

J’écris depuis que je suis enfant. La semaine dernière, en voulant montrer mes bulletins scolaires à mes enfants (pour les rassurer…) j’ai retrouvé des pages entières de cahiers de textes recouvertes de phrases et de poésies. Mon père est auteur de théâtre dramatique et je crois qu’il a beaucoup influencé mes lectures et m’a donné l’envie de partager au moins l’écriture avec lui car il était souvent absent.

2. Quel est votre plus beau souvenir d’auteur?

Mon plus beau souvenir d’auteur est lorsque le Seuil m’a appelée pour me dire qu’ils avaient adoré mon premier manuscrit. J’étais à la caisse de Leroy Merlin entrain de me battre avec des tringles à rideaux et du plancher, je n’ai pas pu m’empêcher de hurler, ce qui reste un très bon souvenir dont mon éditrice se souvient encore. J’ai aussi hurlé pour le deuxième…

3. Que pensez-vous de cette citation de Fernando Pessoa « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas »?

Il y a plusieurs façons d’interpréter cette phrase: Quand on écrit, on a la sensation qu’on n’aura jamais assez d’une vie pour tout dire et surtout pour le dire mieux, ça tourne à l’obsession…Et puis, on peut aussi penser que la vie n’apporte pas assez de bonheur en soi et que la littérature, comme toute autre forme d’art comble ce vide, ce manque qu’on ressent alors que tout va bien…

4. Quel livre aimez-vous offrir?

J’aime offrir « Trois chevaux » de Erri de Luca, même si la plupart de mes amis n’y sont pas sensibles. Pour moi, c’est l’écriture parfaite, la sensibilité à l’état pur et la violence sous-jacente de ce récit me transporte…

5. Quels sont vos projets littéraires?

Je suis dans l’écriture de la biographie d’une mondaine, une vraie peste des années 30/40/50 et je me régale!

6. Y a-t-il une question que je ne vous ai pas posé à laquelle vous auriez aimé répondre? Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

Oui, j’aurais aimé que vous me demandiez quels auteurs m’inspiraient et j’aurais cité trois noms: Elfried Jelinek, Michel Houelbecq et Albert Camus…

7. J’allais oublier… avez-vous un secret à nous confier?

Mon secret? Je crois que j’aimerais que mes trois enfants aient fini leurs études et que je puisse me reposer enfin!!!

Sylvie Le Bihan : « Là où s’arrête la terre »

Là où s'arrête la terre

Présentation de l'éditeur : " « Le bouchon fit un bruit de détonation et le monde de Marion s’écroula comme si un seul soldat du peloton l’avait exécutée d’une balle en plein cœur avant que le sabre ne s’abaisse.» Marion, parisienne de 40 ans, prise à son propre jeu entre deux hommes, fuit la réalité et croise un soir d’automne à Paris, Roger qui lui, cherche à tout prix à éviter un choix entre sa vengeance et la résilience. Par défi, il lui propose de l’emmener loin de Paris. Sur un coup de tête, elle le suit. Dans une Bretagne à leur image, à la fois dramatique et mystérieuse, s’ensuit un terrible huis-clos fait d’attirance mêlée de répulsion et de révélations violentes. Un secret se profile, trop lourd pour être dévoilé, jusqu’au drame qui sera peut-être leur unique chance de tout recommencer. Un roman noir, cruel, ancré dans la société d’aujourd’hui avec ses tabous, son hypocrisie et son égoïsme. L’histoire terrible d’une vengeance par procuration."

Sylvie Le Bihan est diplômée de Sciences Po, après avoir travaillé pendant 12 ans en Angleterre en donnant des cours de Sciences Politiques, comme chasseur de têtes pour la finance puis en tant que professionnelle dans le marketing, elle rentre à Paris en 2004 et travaille comme directrice de l’International pour les restaurants Pierre Gagnaire (son mari) avec qui elle a également signé un étonnant ouvrage sur le goût : « Petite Bibliothèque du gourmand ». Son premier roman L’autre traite avec brio de la descente en enfer de deux femmes victimes de leur mari.

Dans son deuxième roman, il est tout autant question de personnages peu aimables. Son héroïne (en est elle vraiment une?) est surtout une femme au tournant de sa vie. Après avoir quitté mari et amant, elle part à l’autre bout d’elle même et là où la terre s’arrête, dans le Finistère.  Elle aura pour compagnon de voyage, un homme, lui aussi perdu entre chimère et fantôme du passé. Chacun dans leur solitude, sauront ils s’entendre, se parler, se sauver?

« Aide-moi à t’aimer sans avoir peur. »

Sylvie Le Bihan dresse un dur portrait de Marion, bourgeoise aux caprices de petite fille comme le lui fera remarquer Roger, le commercial homosexuel plouc de service. Si de prime abord, ces deux personnages peuvent paraitre caricaturaux, ils sont sublimés par la psychologie complexe que leur attribue l’auteure.

« C’est ça qui est le plus choquant : c’est votre égoïsme qui vous a rapprochés, pas vos souffrances. »

Construit d’une manière efficace et rythmée, ce roman monte en puissance au fil des pages, avec cette incroyable fin qui en laissera songeur plus d’un.

Sylvie Le Bihan, Là où s’arrête la terre, Seuil, avril 2015, 288 pages, 18.50 euros

Sylvie Le Bihan : « L’autre »

sylvie le bihan l'autre

Présentation de l'éditeur: "11 septembre 2011. Emma fait partie des invités d’honneur de la Maison Blanche pour les commémorations des attentats. Debout sous le soleil de septembre, elle est au plus mal. Mais est-ce son veuvage qui la fait tant souffrir ? Rien n’est moins sûr. Strasbourg. janvier 1996, Emma est insouciante, une séductrice capricieuse qui croque les hommes et les jette sans remords. Jusqu'au moment où elle rencontre l’Autre. Avec l’Autre, sa vie va prendre une tournure plus grave. Emma éprouvera au quotidien, dans les gestes les plus banals, que l’enfer existe. Sylvie Le Bihan, dans son premier roman, a choisi de traiter un sujet que connaissent beaucoup de femmes et dont peu savent parler pourtant : celui du pervers narcissique. Elle excelle, grâce à une écriture aussi mordante que délicate, à décrire comment la violence entre, parfois sans fracas, dans la vie d’une femme."

 Sylvie Le Bihan est diplômée de Sciences Po, après avoir travaillé pendant 12 ans en Angleterre en donnant des cours de Sciences Politiques, comme chasseur de têtes pour la finance puis en tant que professionnelle dans le marketing, elle rentre à Paris en 2004 et travaille comme directrice de l’International pour les restaurants Pierre Gagnaire (son mari) avec qui elle a également signé un étonnant ouvrage sur le goût : « Petite Bibliothèque du gourmand ».

« Devenu ton confident, ton meilleur ami puisque depuis votre séjour à Strasbourg tu ne parlais plus que rarement aux tiens, tu lui livrais toutes tes pensées car jamais tu n’aurais pu imaginer qu’une telle perversité fût possible. il te donnait son avis sur tout et ça te rassurait, tu eus le sentiment d’exister car s’il faisait attention à toi, à ton aspect, c’était pour ton bien, pour te rendre meilleure. Les cheveux attachés, tu étais plus jolie. juste un conseil, puis un seul de ses regards appuyés et tu cherchais ton élastique fébrilement au fond de ton sac. Un bouton ouvert pour tes chemisiers, c’était plus élégant. »

Ce premier roman L’Autre, paru au Seuil en 2012 est un roman très réussi sur l’étouffement, l’enfermement, la descente aux enfers de deux femmes. Cet étouffement est dû à la maltraitance physique ou morale de ces deux jeunes femmes, Emma et Maria, par leur mari respectif. Deux milieux sociaux différents mais deux victimes avant tout, étranglées dans leur vie par la crainte d’exister.

 » « J’arrive… »
Quelques mots, toujours les mêmes, et la peur qui coule le long du dos comme le mercure d’un thermomètre.
« J’arrive… »
Une poignée de minutes encore, comme chaque soirs dans votre appartement de South Kensington, à hésiter entre faire ta valise et faire à manger. Pour une femme libre, l’idée de fuite n’existe pas. »

La cruauté, la violence et le cynisme de leurs maris est souvent insoutenable. Pourquoi achever, alors, la lecture de ce roman? Parce que le style sec, direct comme une gifle et sans compromis ni métaphore est avant tout juste. Il y a une maitrise de la narration qui permet d’aborder le pire, à distance raisonnable pour le lecteur.
Le suspens que réussit à mettre en place Sylvie Le Bihan, proche à certain moment d’un roman policier, apporte du relief à l’intrigue et surtout laisse entendre qu’Emma reprendra le cours de sa vie, mais à quel prix?
Un roman nécessaire sur un aspect du monde moderne : les pervers narcissiques.

« Il n’y a qu’une chose dont je suis sûre et vous devez le croire : ce sont des monstres qui ont tué nos monstres. »

Sylvie Le Bihan, L’autre, Seuil, mai 2014, 204 pages, 16 euros