Marc Trévidic : « Ahlam »

ahlam

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Présentation de l'éditeur : "Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre 
français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit 
paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans 
« la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de 
Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses 
enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. 
Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : 
une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous 
les arts. Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à 
l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement 
entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer."

Marc Trévidic s’est surtout illustré dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Il signe un premier roman sur les racines de la radicalisation avec beaucoup de finesse tant stylistique que psychologique.

Le roman se déroule en Tunisie, sur une de ces petites îles où il fait bon vivre. Paul vient y chercher l’inspiration et une reconstruction personnelle. Il y rencontre une famille unie, tournée vers le monde, bien loin des idéaux prônés par le régime de Ben Ali. Le frère et la sœur vont emprunter deux voies opposées et radicales.

Après un premier drame, la famille tente de survivre et par la grâce d’une promesse, Paul prend sous son aile Issam et Ahlam. Doués, inspirés et libres, les deux enfants vont s’accomplir par le dessin pour le frère et dans la musique pour la sœur.

« La symbiose avec la musique de sa sœur était presque parfaite. Issam peignait en rythme. Il peignait la musique en temps réel. Ses doigts sur le papier répondaient à ceux de sa sœur sur le clavier. »

Une large réflexion est menée sur l’amour. L’amour des siens, de soi, des autres, de l’autre. L’auteur questionne également, l’excès d’amour dans cette forme extrême qu’est la radicalisation.

« Le juste milieu, ce n’est pas un endroit pour toi. Je vois la flamme en toi, parfois la colère, parfois l’amour…Au milieu rien. »

Je retiens de ce roman, plutôt les pages sur la recherche en art et l’épanouissement fort différent de deux enfants. Roman par excellence sur le choix et les convictions, et en filigrane sur la religion et ses formes dérivatives, ce premier essai est plutôt réussi et vous ne pourrez refermer le livre qu’une fois l’histoire achevée.

« La musique est l’art de combiner les sons et les silences; la peinture est l’art de combiner les couleurs et le blanc. Ce n’est pas par hasard si un blanc est un silence en musique et une absence de couleur en peinture. »

Si la musique adoucit les moeurs, je ne suis pas sûre qu’on puisse le dire de la peinture, dans ce roman précis…

Marc Trévidic, Ahlam, Lattès, janvier 2016, 324 pages, 19 euros 
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3 commentaires sur « Marc Trévidic : « Ahlam » »

  1. Intéressant. On aurait voulu savoir si la paronomase Ahlam/Allah a une importance dans le roman. Mais peut-être est-ce impossible d’en parler sans tuer le suspens.

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