Jour 14 : Henning Mankell : « Tea-bag »

avent

Tea-bag

Présentation de l'éditeur : "Tea-Bag, jeune Nigériane, traverse l’Europe à pied, persuadée que tout là-haut, en Suède, une porte s’ouvrira pour elle. Tania, venue de Smolensk, a franchi la Baltique à la rame, portée par le même espoir. Leïla est arrivée d’Iran alors qu’elle était enfant. Ensemble elles se démènent pour survivre dans une banlieue de Göteborg où elles ont échoué par hasard. Pendant ce temps, le célèbre auteur Jesper Humlin, qui attend l’inspiration en surveillant son bronzage et le cours des ses actions en Bourse, tente d’échapper à la tyrannie de sa petite amie et de sa mère. Le jour où sa trajectoire croise celle de Tea-Bag, Tania et Leïla, c’est le choc. Il découvre l’existence d’une Suède inconnue, clandestine, comme un double « en négatif » de la Suède officielle, laquelle ignore tout de la première. Aussitôt il envisage de détourner leurs expériences à ses propres fins. Mais les jeunes filles n’ont pas dit leur dernier mot… Dans le nouveau roman de Mankell, comédie et tragédie se donnent la main : tour à tour drôle et grave, dérisoire et engagée, cette histoire pleine de rebondissements et de larmes est un conte inspiré du XXI e siècle et un hommage vibrant à des héroïnes bien réelles."

Henning Mankell est un auteur suédois né en 1948, il est reconnu pour ses romans policiers et son inspecteur Wallander. Après avoir écrit des romans policiers, il est passé par un cycle de roman plus ou moins noir mais sans propos policier. Tea-bag fait parti de cette série.

Ce roman pose la question de l’identité et de la transmission. Le narrateur du roman est un poète mit au défi par son éditeur d’écrire un roman policier. Jesper Humlon ne le souhaite pas mais son éditeur est machiavélique, et même sa propre mère le nargue en se lancant dans un projet d’écriture d’un roman… policier!

« J’existe même si je n’ai pas le droit d’exister, je suis visible alors même que je vis dans l’ombre. »

C’est dans ce contexte qu’il rencontre une réfugiée nigériane sans papier « Tea-Bag ». Elle va alors confier son histoire et celle de ses amies de galère. La relation entre l’écrivain en panne d’inspiration et l’importance de dire, de raconter par la jeune femme, donne au roman une belle force émotionnelle. Les amies de Tea-Bag, clandestines elles aussi, sont des forces de survie. Le monde clandestin qu’elle ouvre à Jesper Humlon est aux antipodes de sa vie rangée et dérangée par sa mère call girl pour pépés!

« L’Europe nous a abandonnés avant même que nous touchions terre. Je ne dois pas l’oublier, quoi qu’il arrive. Elle ignorait combien étaient morts noyés, et elle ne voulait pas le savoir. Les cris, les appels entrecoupés résonnaient encore dans sa tête, telle une pulsation douloureuse. Ces cris l’avaient entourée, dans l’eau froide où elle flottait, puis ils s’étaient tus un à un. En touchant les rochers, elle avait senti un déferlement de triomphe. Elle avait survécu, elle avait atteint le but. Mais quel but ? Ses rêves, elle avait tenté de les oublier par la suite. En tout cas, rien n’avait répondu à ses attentes. »

Ce roman est fort et bien mené. Du poète hypocondriaque, de la mère tyrannique, de l’éditeur ultra possessif à la compagne qui veut un enfant, vous ne vous ennuierez pas!

 

L’offrir à : des ami(e)s, des amateurs de suspense et d’histoires à la dimension sociale bien ancrée

Henning Mankell, Tea-bag, Seuil,  traduit par Anna Gibson, mars 2007, 324 pages, 21,30 euros

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