Iegor Gran : « La revanche de Kevin »

 Iegor gran la revanche de kevin


Présentation de l'éditeur : "À la porte de Versailles, au vernissage du Salon du livre, 
vous rencontrez un type sympathique, lecteur pour une grande maison d'édition. Il sait 
que vous écrivez, vous lui montrez votre manuscrit, il en tombe dingue. Il le fait lire 
à quelques pointures de ses connaissances et tous sont unanimes : vous avez écrit un 
chef-d'oeuvre. Vous avez du mal à le croire mais il vous rassure en citant Proust, 
Céline, Deleuze et votre vanité prend ses aises, radieuse. Vous vous apprêtez à signer 
le contrat quand le type disparaît. Vous appelez la maison d'édition. On vous apprend 
qu'il n'a jamais existé."

« Il lui arrivait de penser, désabusé, que la littérature était comme les Jeux olympiques : l’essentiel était de participer, la victoire n’appartenant qu’aux dopés, aux filous et aux monstres. »


« La revanche de Kevin » est un de ces romans, avide de question, vif dans l’intrigue et le style. Notre identité permet elle de s’insérer dans la société? Notre nom est il le reflet de notre identité? Les préjugés peuvent ils être dépassés? Dans ce roman, il y a aussi une très jolie satire du milieu littéraire, de ses faux-semblants, ses faux-amis et ses faux-culs. Personne n’est épargné ce qui rend l’ensemble plutôt acceptable et juste. La prétention intellectuelle est un fléau de notre société moderne, où tout savoir est signe d’une appartenance à un sérail aux règles et codes définis. Iegor Gran dénonce l’étroitesse des bien-pensants sous les traits d’une comédie douce-amère. Le titre annonciateur d’une revanche et les notes de page qui font référence à une enquête policière apportent suspense et dynamisme à ce court roman fort construit.

« L’appel du porte-monnaie pouvait encore convaincre l’épouse, mais Myriam ne voulait rien entendre, et resta inflexible malgré la promesse de juteuses carottes. Encore bien jeune et idéaliste, rigide comme un fantasme, elle ne voulut rien sacrifier de l’immaculée réputation de son papa chéri. »

J’ai aimé le refus de facilité dans sa description du monde littéraire et globalement du monde intellectuel. les phrases courtes et l’analyse psychologique poussée de Kevin est très bien menée. Un roman qui se dévore et questionne sur soi, son nom, mais aussi et surtout sur notre capacité à regarder les gens avec un regard neuf, dépourvu de tout jugement, en leur laissant une chance d’évoluer hors des cases…

Iegor Gran, La revanche de Kevin, POL, février 2015, 192 pages, 15 euros

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2 commentaires sur « Iegor Gran : « La revanche de Kevin » »

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