Valérie Tong Cuong : « Par amour »

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Présentation de l'éditeur : " "Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même. " Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire."

Valérie Tong Cuong est une auteure dont l’oeuvre est marquée par une forte évolution vers l’optimisme et le pardon. L’ardoise magique est probablement mon préféré. Ce dixième roman s’inscrit tout à fait dans la lignée des précédents et confirme l’élégance racée de la plume de cette auteure.

J’ai toujours beaucoup aimé les titres de roman de Valérie Tong Cuong. Pertinents, énigmatiques, justes. Ce titre est de ceux là. La question qu’il induit (jusqu’où iriez-vous par amour) va plonger le lecteur au coeur du Havre de 1940 à 1945 dans une grande fresque historique familiale.

« Il n’y avait plus d’endroit ou d’envers, de tort ou de raison, de bon ou de mauvais côté : tout cela venait de disparaitre dans le fracas de la défaite. Désormais, il y aurait seulement la vie et la mort. »

Fidèle à la forme du roman choral qu’elle maitrise à la perfection, l’auteure retrace la vie d’une famille pendant la deuxième guerre mondiale. Elle y exprime leurs peurs, leurs joies, leur résistance silencieuse, leurs infimes victoires et leur survie quotidienne dans un monde en perte de repères où les lignes de fuite se brouillent pour mieux protéger, à contrario, ceux à qui l’on tient. Ce procédé permet d’entendre la voix des parents et des enfants. Les échos et les correspondances qui se déroulent dans les chapitres offrent une perspective panoramique des évènements mais permet surtout d’entrevoir le drame émotionnel intense qui se joue dans cette famille qui ne tient plus que par la grâce des souvenirs d’un amour immense.

« Personne n’est préparé à affronter la menace et l’abandon, cette sensation absurde de dépendre entièrement d’autrui et pourtant de ne pouvoir compter sur quiconque (…). »

Valérie Tong Cuong a cette intelligence du coeur et de la narration qui permet à la fois de lire un roman au suspense maitrisé, émaillé de rebondissements qui tient le lecteur en haleine et aussi, de plonger dans la complexité des relations humaines entre deux familles unies pour le meilleur et pour le pire. Mais, pendant cette période trouble qu’est la seconde guerre mondiale, soif de justice et protection des siens ne font pas toujours bon ménage. L’auteure convoque même Victor Hugo : « La vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder. » et démontre que par amour on peut aller jusqu’à accepter le désamour des siens dans le seul et unique but de les protéger.  Et qu’y-a-t-il de plus beau que de renoncer à l’amour des siens pour les sauver ? L’abnégation est sublimée et résonne comme un cri de vie merveilleux  où la vie ne tient débout que « par amour ».

Hommage vibrant à ceux qui ont résisté, ceux qui ont menti par conviction et par amour, ce roman de Valérie Tong Cuong habite longtemps après que l’on l’ait refermé. Muguette, Emélie, Jean, Joseph, Joffre, Lucie, Marline et tous ceux qui se cachent entre les lignes sont désormais les témoins, les garants et les relais de papier d’un héroïsme humaniste et cela pour l’éternité.

Valérie Tong Cuong, Par amour, Lattès, janvier 2017, 416 pages, 20 euros 

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9 réflexions au sujet de « Valérie Tong Cuong : « Par amour » »

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